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L’acier britannique revient dans le giron de l’État

Pour protéger sa défense et ses infrastructures, Londres reprend le contrôle du sidérurgiste British Steel. Une décision qui tourne la page de la…

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L'acier britannique revient dans le giron de l'État

Pour protéger sa défense et ses infrastructures, Londres reprend le contrôle du sidérurgiste British Steel. Une décision qui tourne la page de la privatisation de 1988 mais ravive les tensions avec Pékin.

Le gouvernement britannique a officialisé jeudi la reprise en main de British Steel, ancienne filiale du groupe chinois Jingye. Keir Starmer, le Premier ministre sortant, justifie ce choix par la défense de la sécurité nationale et la préservation d’une filière jugée vitale pour l’économie du pays. Dans un communiqué, il affirme que cette mesure garantit l’avenir de la production d’acier au Royaume-Uni, protège des emplois qualifiés et sécurise les chaînes d’approvisionnement nécessaires aux grands projets d’infrastructure.

Cette nationalisation n’est pas une surprise. Le gouvernement avait déjà pris le contrôle de fait de l’entreprise en avril 2025 pour éviter la fermeture des deux derniers hauts fourneaux au charbon du pays. Jingye, qui avait racheté British Steel en 2020, menaçait de les arrêter faute de rentabilité, mettant en jeu 2 700 postes. Une loi spéciale, adoptée après un long processus parlementaire, a finalement reçu l’assentiment royal mercredi, permettant à l’État de redevenir propriétaire. Mais cette décision irrite Pékin. Le groupe chinois exige désormais une indemnisation intégrale pour ses investissements passés, et menace de recourir à tous les moyens légaux pour défendre ses intérêts. Un expert indépendant devra déterminer si une compensation est due.

Pour le ministre des Entreprises Peter Kyle, il était impensable de laisser disparaître ces hauts fourneaux. Ils sont les seuls capables de produire de l’acier primaire, c’est-à-dire directement à partir du minerai de fer, indispensable aux chemins de fer, au bâtiment et à la défense. Sans cette production, le pays serait à la merci des importations étrangères et des marchés internationaux. Les syndicats saluent une décision qui sauve, selon eux, l’industrie sidérurgique britannique. Mais ils préviennent que le plus dur commence. Ils réclament un engagement fort pour que les projets publics achètent de l’acier britannique, afin de pérenniser une filière stratégique désormais aux mains de l’État.

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