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Gênes retient son souffle pour le verdict du pont Morandi

Ce jeudi, le tribunal de Gênes rend son jugement dans l’affaire de l’effondrement du pont Morandi en 2018, qui a fait 43 morts. Après quatre ans de…

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Gênes retient son souffle pour le verdict du pont Morandi

Ce jeudi, le tribunal de Gênes rend son jugement dans l’affaire de l’effondrement du pont Morandi en 2018, qui a fait 43 morts. Après quatre ans de procès, les proches des victimes espèrent que la justice reconnaîtra les fautes des gestionnaires.

Huit ans après le drame, la justice italienne s’apprête à trancher. Le 14 août 2018, à 11h36, le viaduc autoroutier s’était écroulé sous une forte pluie, projetant des dizaines de véhicules dans le vide. Ce pont reliait l’Italie et la France, et sa chute avait choqué tout le pays. Depuis, un procès colossal s’est tenu à Gênes, avec 283 audiences pour tenter de comprendre comment une telle catastrophe avait pu arriver.

Le parquet a requis plus de 400 ans de prison contre 57 accusés. Il s’agit principalement de cadres d’Autostrade per l’Italia, la société qui gérait le pont, de sa filiale Spea chargée de l’entretien, et du ministère des Infrastructures. Ils sont poursuivis pour homicide involontaire, mise en danger de la sécurité des transports et faux en écriture publique. Mais ce jeudi matin, la plupart des prévenus étaient absents du tribunal.

Pour les familles des victimes, ce procès a été une longue épreuve. La présidente du comité des victimes, Egle Possetti, a confié que la confiance en l’État avait vacillé après la tragédie. Le travail des magistrats et des enquêteurs leur a redonné un peu d’espoir, mais elle regrette qu’aucun accusé n’ait jamais reconnu sa part de responsabilité. Les sociétés Autostrade et Spea ont quant à elles échappé aux poursuites grâce à un accord à l’amiable. Le nouveau directeur général d’Autostrade a publié une page d’excuses dans la presse italienne, promettant que de tels faits ne se reproduiraient plus.

Ce drame a aussi mis en lumière le mauvais état des infrastructures italiennes et les pratiques douteuses des sociétés autoroutières, accusées de négliger l’entretien pour réaliser des économies. Le verdict de ce jeudi pourrait avoir des conséquences bien au-delà de ce procès, en envoyant un signal fort sur la responsabilité des gestionnaires d’ouvrages publics.

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