Société
La dernière ligne droite d’Olivier Falorni pour une mort choisie
Il a bataillé treize ans pour faire adopter sa loi sur l’aide à mourir. L’ancien député de La Rochelle est à deux doigts de voir son combat aboutir.


Il a bataillé treize ans pour faire adopter sa loi sur l’aide à mourir. L’ancien député de La Rochelle est à deux doigts de voir son combat aboutir.
Olivier Falorni n’a jamais lâché. Depuis sa première question au gouvernement en 2012, quelques mois après son élection, jusqu’à ce mercredi où il devrait assister depuis les tribunes au vote final de l’Assemblée, le chemin a été long et semé d’embûches. Lui-même le décrit comme un marathon avec des haies. En mars 2025, il a déposé sa proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir. Et le 30 juin, déjà, il a suivi le vote en troisième lecture, confiant devant la presse son émotion grandissante. Car ce texte, c’est l’histoire d’une vie.
Tout a commencé par une douleur intime. En 2013, Falorni interpelle la ministre de la Santé Marisol Touraine. Il évoque la mort de sa mère et la souffrance absolue d’un être cher qui n’en peut plus de ne pas partir. Il lance alors une phrase qui marque les esprits : la dignité est un droit, elle exige une loi, ici et maintenant. En 2021, il dépose un premier texte sur la fin de vie libre et choisie. Mais face à des milliers d’amendements déposés par Les Républicains, la proposition s’enlise. L’épisode laisse des traces, y compris chez ses alliés du MoDem où certains regrettent un manque de débat de fond et une mise en scène trop spectaculaire.
Pourtant, Falorni a su évoluer. Lui qui militait pour une autodétermination presque sans limite de sa fin de vie dit aujourd’hui se battre contre le suicide. Il assure que l’aide à mourir doit s’inscrire dans un cadre car elle concerne aussi d’autres personnes. Son rapporteur a tenté de rassembler le plus grand nombre en défendant les équilibres issus des discussions de 2024. Emmanuel Macron a apporté son soutien, faisant de cette réforme un marqueur de son second quinquennat. De l’autre côté de l’hémicycle, même ses adversaires, comme le député LR Philippe Juvin, saluent sa constance intellectuelle. Et le président d’honneur de l’ADMD, Jean-Luc Romero-Michel, ne cache pas son admiration pour ce Rochelais qui n’a jamais changé ses convictions, malgré les obstacles et les années.
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