Sports
Des places à prix d’or, des supporters français éparpillés : le Mondial 2026 vu depuis les tribunes
Le rêve américain a un prix, et pour les supporters des Bleus, il est salé. Entre billets à 1500 euros, bière à 20 dollars et une diaspora tricolore noyée…


Le rêve américain a un prix, et pour les supporters des Bleus, il est salé. Entre billets à 1500 euros, bière à 20 dollars et une diaspora tricolore noyée dans les travées, la fête n’a pas le même goût qu’au Qatar ou en Russie.
Derrière l’exploit sportif de la France en huitième de finale contre le Paraguay (1-0), il y a une autre histoire. Celle des fans qui ont fait le déplacement aux États-Unis et qui vivent une Coupe du monde à deux vitesses. Yasin Celik, figure connue du public de France Télévisions, résume le décalage d’une phrase simple. « On est moins nombreux et tous séparés, car les places sont trop chères. » Le constat est amer pour ce supporter qui a vécu les deux dernières finales, en Russie et au Qatar. Les bas de tribune s’arrachent autour de 1 500 euros. Les demi-finales culminent à 3 000 dollars, la finale à 10 000 dollars. « En Russie, c’était 500 dollars. C’est une honte pour la FIFA », lâche-t-il. Dans les allées, une bouteille d’eau coûte huit euros et une bière vingt euros. La canicule, elle, ne fait pas de cadeaux.
Ce sentiment d’être dispersé, loin de la « famille » des tournois précédents, ne touche pas que les fans individuels. Killian Bertrand, autre irréductible présent sur place, analyse le phénomène sans filtre. « On est dans le dernier tiers en termes de suivi de l’équipe nationale dans les pays européens », explique-t-il, soulignant que la réputation des supporters de clubs, pourtant bonne, ne se transpose pas à l’étranger. Contrairement au Royaume-Uni ou à l’Amérique du Sud, où l’on entend parler de supporters prêts à vendre leur voiture ou leur maison pour suivre leur sélection, la France ne fait pas de cette Coupe du monde une cause nationale financée collectivement. Les places inaccessibles découragent les vocations et fragmentent le public bleu.
Yannick Vanhée, président du groupe des Corsaires, apporte une dernière pièce au puzzle. Il reçoit des demandes de places pour la finale, mais ne peut pas les satisfaire. « J’aurais écoulé 1 000 places en une heure si je les avais, mais il fallait s’y prendre des mois à l’avance. » Selon lui, le problème est culturel. « On se réveille tard. » Les supporters étrangers, plus organisés ou simplement habitués à ces tarifs américains, ont raflé la mise. Résultat : dans les tribunes, le rouge et le jaune des autres nations dominent largement le bleu. La fête tricolore a lieu sur le terrain, mais dans les gradins, elle prend une teinte plus douce-amère.
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