Culture
Ces sept forteresses veulent l’Unesco mais leur nouveau nom dérange
Sept citadelles médiévales de l’Aude et de l’Ariège postulent au patrimoine mondial de l’Unesco fin juillet. Le changement de nom, de « châteaux cathares »…

Sept citadelles médiévales de l’Aude et de l’Ariège postulent au patrimoine mondial de l’Unesco fin juillet. Le changement de nom, de « châteaux cathares » à « Forteresses royales du Languedoc », suscite une vive polémique locale.
Le comité de l’Unesco doit examiner du 19 au 29 juillet à Busan, en Corée du Sud, la candidature de ces forteresses perchées sur des pitons rocheux escarpés. Montségur, Peyrepertuse, Quéribus et quatre autres sites sont candidats sous l’appellation « système de forteresses de la sénéchaussée de Carcassonne XIIIe-XIVe siècles ». Mais dans la région, on les appelait jusqu’ici les châteaux cathares, en référence à l’hérésie combattue par l’Église au XIIIe siècle. L’effacement de ce mot a ému bien du monde. Une pétition contre cette requalification a déjà recueilli près de 8500 signatures. Une mobilisation est prévue le 18 juillet à Quéribus, la veille de l’ouverture de la session Unesco. Des guides locaux assurent qu’ils continueront à parler du catharisme, période phare gravée dans la mémoire des lieux.
Pourtant, l’histoire de ces forteresses est plus complexe qu’un simple refuge pour hérétiques. Si plusieurs sites ont accueilli des communautés cathares fuyant l’Inquisition, ce ne sont pas elles qui ont bâti ces châteaux. Après la croisade contre les Albigeois, entre 1209 et 1229, une partie du Languedoc est tombée dans le domaine royal. Le roi de France a alors décidé de construire des forteresses sur des positions stratégiques. Entre les années 1240 et 1290, 22 châteaux ont été rebâtis dans le style capétien. L’objectif était double garder un œil sur la population locale encore considérée comme dissidente et surveiller le royaume d’Aragon, situé à quelques dizaines de kilomètres de Quéribus ou Peyrepertuse. Les architectes ont dû s’adapter à ces pitons rocheux. À Quéribus par exemple, le donjon est soutenu par un seul pilier central duquel partent quatre croisées d’ogive.
Ces forteresses, administrées par un sénéchal installé à Carcassonne, sont aujourd’hui en zone rurale. Leurs territoires subissent la déprise agricole et le dérèglement climatique. Le petit village de Cucugnan, au pied de Quéribus, mise beaucoup sur un classement Unesco pour relancer l’économie locale. La fréquentation du site est en baisse elle est passée de 92 000 entrées par an en 1995 à 50 000 aujourd’hui. Les habitants espèrent un coup de pouce touristique. Au-delà de la reconnaissance, un tel label pourrait aussi financer des programmes de conservation à long terme. Ces monuments sont particulièrement exposés aux aléas climatiques le vent, le gel et les intempéries les dégradent en permanence. Les entretenir est un combat constant, et l’Unesco pourrait aider à le mener.
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