Politique
Bally Bagayoko en 100 jours Saint-Denis respire un air nouveau mais les attentes restent immenses
Moins de trois mois après son élection, le maire insoumis de Saint-Denis séduit par ses premières mesures concrètes et son style direct. Mais derrière…


Moins de trois mois après son élection, le maire insoumis de Saint-Denis séduit par ses premières mesures concrètes et son style direct. Mais derrière l’enthousiasme, les habitants rappellent que tout reste à faire.
Dans le quartier Gabriel Péri, le square a retrouvé un peu de vie. Depuis la réouverture de l’espace jeunesse en avril, une promesse de campagne tenue, Aminata souffle. Cette mère au chômage apprécie le kit de rentrée scolaire distribué par la mairie. « Ça nous aide », lâche-t-elle simplement. À quelques pas, des policiers patrouillent autour de ce point de deal connu. Une autre maman du quartier, qui préfère garder l’anonymat, va plus loin. Elle critique la méthode des forces de l’ordre sous l’ancien maire socialiste, qu’elle juge trop musclée. Pour elle, la réouverture de cet espace jeunesse change tout. « Je me sens en sécurité quand c’est ouvert », confie-t-elle. La promesse d’un maire qui écoute commence à peser dans la balance.
Mais tout le monde ne ressent pas encore le changement. Marine, 39 ans, accessoiriste, habite la cité Paul Langevin. Elle n’a « pas constaté de gros changements », si ce n’est une police moins visible et davantage de feux d’artifice. Ce n’est pas pour lui déplaire. Soffian, 51 ans, père au foyer et électeur de gauche, a assisté à une réunion de quartier en juin. Il trouve « un peu précoce » de juger l’action du maire. Mais il salue sa transparence et son honnêteté. Son message est clair : « Il y a beaucoup d’attente et on va pousser » pour être associés aux décisions.
Samedi, Bally Bagayoko a organisé deux réunions publiques pour dresser le bilan de ses cent premiers jours. Il a listé les mesures : remboursement du forfait de transport pour les 4-11 ans, suppression des pénalités de cantine, renforcement de la médiation dans les écoles, création d’une carte d’avantages pour les familles monoparentales. Il a aussi justifié le report du remboursement pour les adolescents par des contraintes budgétaires. Le public, plutôt bienveillant, l’a jugé « à l’écoute » et « sincère ». Mais certaines voix ont détonné. Une femme l’a interpellé : « On aimerait le voir un peu moins à la télé et qu’il s’occupe un peu mieux de nous. » Une autre a pointé le retour des vendeurs à la sauvette près de la gare, dès le lendemain de l’élection. Bally Bagayoko retient que personne n’a critiqué ses vingt mesures. Pour lui, c’est le signe d’une « adhésion parfaite ». Reste à transformer l’essai.
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