Monde
Quand ton père est assassiné à 10 ans dans le nord d’Israël
Depuis début 2026, la violence explose dans la communauté arabe israélienne. Chirine, 10 ans, fait partie des centaines d’enfants dont la vie a basculé à…


Depuis début 2026, la violence explose dans la communauté arabe israélienne. Chirine, 10 ans, fait partie des centaines d’enfants dont la vie a basculé à cause de cette spirale meurtrière.
Il y a quatre ans, le père de Chirine a été poignardé à mort près de la porte de leur maison, à Jisr al-Zarka, une petite ville côtière du nord d’Israël. L’agresseur, un mineur que la famille ne connaissait pas, a été condamné à de la prison. Mais pour Chirine, l’aînée de quatre enfants, la douleur ne s’efface pas. « C’était comme perdre une partie de moi-même », confie-t-elle. Elle dit que son père la faisait se sentir en sécurité. Aujourd’hui, elle pleure encore. Elle n’est pas seule. L’an dernier, plus de 232 enfants ont perdu un parent dans la communauté arabe israélienne, à cause de la criminalité et de la violence.
Cette violence n’a fait qu’empirer. Depuis le début de l’année 2026, au moins 140 Arabes israéliens ont été tués, soit 12% de plus qu’à la même période en 2025. Si le rythme se maintient, le bilan annuel pourrait dépasser le record de 252 homicides enregistré l’an dernier. Derrière ces chiffres, il y a des mafias, un accès facile aux armes, et surtout un sentiment d’abandon. Beaucoup accusent la police de ne pas enquêter sérieusement. Les chiffres parlent d’eux-mêmes entre janvier et juin, seulement 12,3% des homicides ont abouti à une mise en accusation. La police assure prendre les faits au sérieux, mais reconnaît que les enquêtes complexes prennent du temps. Pendant ce temps, les corps s’accumulent. En une seule journée la semaine dernière, cinq Arabes israéliens ont été tués dans des explosions de voitures piégées et des fusillades. À Jaffa, un lycéen de 17 ans a été abattu en travaillant dans un supermarché. Trois meurtres en trois jours dans la même ville.
Les enfants paient le prix fort. Dans la communauté arabe, ceux qui perdent un parent sont exposés à un risque de basculer dans la criminalité encore plus élevé qu’ailleurs. La précarité socio-économique et un taux d’homicides très haut poussent certains jeunes à vouloir venger leur père ou leur mère. « Autrefois, on parlait de jeunes de 16 ans. Aujourd’hui, on parle de 14 voire 13 ans », s’alarme un responsable local. D’autres appellent l’État à réagir. « Ça suffit, la violence doit cesser », lance-t-il. Une jeune femme de 19 ans, qui a perdu un proche il y a quelques mois, résume le désarroi général. « Cela m’a amenée à me demander si cela valait la peine de vivre dans ce pays, d’y faire des études, pour finalement y mourir. »
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