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Orthographe au bac : le coup de com’ du ministre n’a pas changé les copies

Le ministre de l’Éducation promettait une sévérité accrue sur l’orthographe au bac. Dans les faits, les correcteurs n’ont quasiment rien modifié à leurs…

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Orthographe au bac : le coup de com’ du ministre n’a pas changé les copies

Le ministre de l’Éducation promettait une sévérité accrue sur l’orthographe au bac. Dans les faits, les correcteurs n’ont quasiment rien modifié à leurs habitudes. Résultat : un mécontentement palpable rue de Grenelle et un débat qui dépasse la simple note.

Édouard Geffray, le directeur général de l’enseignement scolaire, ne cache pas sa déception. Lors d’une réunion avec les syndicats en début de semaine, il a parlé de « consignes non suivies » et dit son insatisfaction. Le message est passé de manière assez claire. « Si on découvre que les correcteurs ont édulcoré le discours, on en tirera les conséquences », a-t-il répété mercredi. Pourtant, sur le terrain, le constat est sans appel. Les enseignants chargés de corriger les 730 000 copies du baccalauréat n’ont pas reçu de consignes fermes pour durcir la note sur l’orthographe. Certains ont même entendu un « ne changez rien » à l’oral, malgré les annonces tonitruantes du ministre depuis le printemps.

Les syndicats ne mâchent pas leurs mots. Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, parle d’un « coup de communication politique » destiné à rassurer l’opinion publique plutôt qu’à transformer les pratiques. Car concrètement, les grilles de correction sont restées les mêmes. En histoire-géo ou en français, les correcteurs ont simplement reçu un vague rappel du cadre officiel, sans barème précis. Quelques académies ont ajouté un bonus ou un malus d’un demi-point, mais rien de vraiment nouveau. « De toute façon, une copie incompréhensible n’obtient pas la moyenne », résume un professeur de philosophie. La promesse du ministre était donc surtout un effet d’annonce.

Reste la question de fond. Pour Jean-Rémi Girard, du Snalc, le vrai problème n’est pas la note mais l’apprentissage de la grammaire et de l’expression écrite tout au long de la scolarité. « Ce ne sont pas les consignes aux correcteurs qui régleront les difficultés des élèves », insiste-t-il. Certains syndicats redoutent déjà un durcissement bien plus formel pour l’année prochaine. Mais ils préviennent : il faudra l’annoncer bien avant mai. En attendant, mardi, les résultats du bac tomberont. Et le ministre devra s’expliquer si la note d’orthographe n’a finalement pas changé grand-chose.

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