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Une ville en deuil marche pour Louis, 17 ans, tué après un guet-apens

À Carcassonne, près de 500 personnes ont défilé en silence pour rendre hommage à l’adolescent mort après un passage à tabac. Derrière le chagrin, la…

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Une ville en deuil marche pour Louis, 17 ans, tué après un guet-apens

À Carcassonne, près de 500 personnes ont défilé en silence pour rendre hommage à l’adolescent mort après un passage à tabac. Derrière le chagrin, la crainte d’une récupération politique.

C’est un père qui a appelé à marcher. Nicolas Hervé, très ému, a décrit son fils comme « une pépite ». Samedi après-midi, environ 500 personnes ont arpenté le centre-ville de Carcassonne, beaucoup vêtues de t-shirts à l’effigie de Louis. La banderole disait simplement « Louis, on t’aime ». La foule a d’abord défilé dans un silence pesant, avant de scander « Justice pour Louis » et « Ni oubli, ni pardon ». Un hommage sobre, loin des polémiques.

Car la mort de cet adolescent de 17 ans n’a pas seulement bouleversé sa famille. Elle a aussi attisé des tensions politiques bien plus larges. Une semaine plus tôt, à Narbonne, un autre rassemblement avait rassemblé un millier de personnes, dont 300 militants identitaires. Les slogans y étaient tout autres : « Racaille partout, justice nulle part » ou « Français réveille toi, tu es ici chez toi ». Des personnalités d’extrême droite comme Marine Le Pen, Jordan Bardella, Marion Maréchal-Le Pen ou Eric Zemmour se sont emparées de l’affaire, dénonçant « barbarie » et « ensauvagement ». Face à cela, le procureur de Narbonne a tenu à rappeler que le crime n’avait « aucun lien avec un motif d’ordre racial ».

Le drame s’est noué le 19 juin au soir, sur un chantier de Narbonne. Louis a été pris dans un guet-apens, filmé, passé à tabac puis abandonné inconscient. Ce n’est que le lendemain qu’il a été découvert et hospitalisé. Il est mort le 23 juin des suites de ses blessures. Cinq jeunes, âgés de 16 à 19 ans, ont été rapidement interpellés et mis en examen pour tentative d’assassinat. Trois d’entre eux sont mineurs. Tous sont en détention provisoire.

La famille maternelle de Louis appelle désormais à une nouvelle marche à Narbonne dimanche, en insistant pour qu’elle reste un « symbole digne de la mémoire de Louis ». Elle avait refusé de s’associer au précédent hommage pour éviter « toute récupération politique ». Un équilibre fragile entre le deuil, le besoin de justice et la peur que la colère ne soit détournée.

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