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Enceinte de sept mois, Marine Tondelier ne lâche rien dans sa course à l’Elysée

La cheffe des Ecologistes transforme sa grossesse en étendard pour la santé des femmes. Elle ne voit aucune raison de s’arrêter.

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Enceinte de sept mois, Marine Tondelier ne lâche rien dans sa course à l'Elysée

La cheffe des Ecologistes transforme sa grossesse en étendard pour la santé des femmes. Elle ne voit aucune raison de s’arrêter.

C’est une image que la politique française n’avait jamais offerte. Marine Tondelier, enceinte de sept mois, continue d’arpenter le terrain pour sa campagne présidentielle. Quand elle a découvert sa grossesse, elle a ressenti un vertige. Pourtant, l’idée d’abandonner ne l’a pas effleurée une seconde. La question n’était pas de savoir si elle allait continuer, mais comment organiser la suite.

Cet enfant, elle ne l’attendait pas. Après une fausse couche, des tentatives de PMA et de FIV qui n’ont pas abouti, elle avait mis de côté son projet de devenir mère. Alors ce « bébé miracle », annoncé fin mars à trois mois de grossesse, a tout changé. Mais pas question de ralentir. « Une campagne enceinte, c’est sportif », dit-elle avec le sourire. Elle a souvent vomi dans les toilettes des TGV qui la menaient vers les candidats écologistes pendant les municipales. L’été, à sept mois de grossesse, elle a sillonné la France en van électrique, dossier de grossesse sous le bras, en pleine canicule. Elle a seulement écourté son périple, 24 étapes au lieu de 26, à cause des fumées des incendies de Gironde, trop nocives pour une femme enceinte. « C’est crevant », confiait-elle, « mais moins que d’être à Paris », où ses tentatives d’organiser une primaire avec le Parti socialiste ont échoué.

Cette situation est une première en France. Aucune candidate à la présidentielle n’avait mené campagne enceinte, ni avec un nourrisson. Marine Tondelier le revendique et veut utiliser cette visibilité pour parler de la santé des femmes, de la fertilité, de l’infertilité, de l’accès à la PMA et au DPI-A. Ce diagnostic pré-implantatoire est interdit en France, elle a dû aller en Belgique pour le réaliser. Sur le terrain, sa grossesse crée du lien. À Issigeac, une mère est venue la remercier en lui montrant sa fille conçue par FIV. Les gens l’interrogent sur le sexe du futur bébé, un garçon, ou sur la date de l’accouchement. Elle se dit très bien suivie.

D’autres femmes politiques ont vécu une grossesse en pleine fonction ministérielle. Ségolène Royal a accouché de son quatrième enfant en 1992 alors qu’elle était ministre de l’Environnement. Rachida Dati est revenue au Conseil des ministres cinq jours après son accouchement en 2009. Nathalie Kosciusko-Morizet et Olivia Grégoire ont aussi connu cette situation. Pourtant, le monde politique reste peu adapté aux mères. Certaines préfèrent cacher leur grossesse par crainte de remarques ou d’un désaveu des électeurs, comme Aurore Bergé lors des législatives de 2022. Marine Tondelier, déjà mère d’un garçon, doit accoucher fin septembre. Elle n’a pas encore fixé la durée de son congé maternité. Une équipe prendra le relais. « Je m’adapterai », explique-t-elle, « à la santé du bébé et à la mienne. Il y a des priorités, même en campagne présidentielle. »

Pour les journées d’été de son parti à Grenoble, tout a été pensé. Une clinique se trouve à sept minutes, un hôpital avec une maternité à quinze minutes. Un chauffeur et une voiture sont mobilisés. Un militant écologiste, sage-femme de son métier, est prévenu et opérationnel en cas de besoin. Une organisation millimétrée pour que la campagne continue sans jamais perdre de vue l’essentiel.

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