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Le baril repasse les 100 dollars et refroidit d’un coup les marchés

Après trois séances passées dans le vert, les Bourses européennes ont changé de direction mercredi, et Wall Street suivait le même chemin. La remontée du…

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Le baril repasse les 100 dollars et refroidit d'un coup les marchés

Après trois séances passées dans le vert, les Bourses européennes ont changé de direction mercredi, et Wall Street suivait le même chemin. La remontée du pétrole et des rendements obligataires a suffi à faire retomber l’enthousiasme.

À Paris, le CAC 40 a terminé en baisse de 1,22 %, à 7 769,21 points. Le mouvement est général. Le Footsie britannique a cédé 0,79 %, le Dax allemand 1,41 %. L’EuroStoxx 50 a perdu 1,55 %, le FTSEurofirst 300 1,02 % et le Stoxx 600 1,05 %. De l’autre côté de l’Atlantique, le Dow Jones reculait de 0,88 %, le Standard & Poor’s 500 de 0,33 % et le Nasdaq de 0,37 %, au lendemain de records pour ces deux derniers indices. Huit des onze grands secteurs du S&P 500 pointaient dans le rouge, à commencer par les matériaux et l’industrie.

Ce repli s’explique par un enchaînement assez simple. Le baril de Brent est repassé au-dessus du seuil des 100 dollars, ce qui ravive les craintes d’une inflation plus rapide et, derrière, d’un durcissement monétaire des banques centrales. Les rendements obligataires grimpent en conséquence, et les investisseurs attendent le compte rendu de la dernière réunion de la Réserve fédérale américaine pour mesurer l’ampleur des débats internes sur la trajectoire des taux. Signe de ce basculement vers la défensive, les indices de volatilité à Wall Street et sur l’EuroStoxx 50 ont bondi, respectivement de près de 4 % et de 8 %. Les secteurs les plus exposés à la conjoncture, comme la banque et la finance, ont été délaissés.

Dans ce paysage morose, quelques valeurs ont tiré leur épingle du jeu. Les banques européennes ont payé le prix fort, entre Société Générale (-5,0 %), Deutsche Bank (-4,86 %), UniCredit (-4,36 %) et Intesa Sanpaolo (-3,77 %). À l’inverse, le secteur automobile a respiré. Renault a gagné 3,72 % et Stellantis 1,13 %, alors que l’Union européenne préparerait un plafond d’importation visant les véhicules hybrides chinois. Porsche a pris 3,71 % à la faveur de la présentation de ses perspectives de long terme. Rémy Cointreau a avancé de 2,99 %, le fabricant de spiritueux ayant souligné l’amélioration de la tendance de ses ventes et la bonne tenue du marché américain. Forvia, qui a annoncé la création d’une coentreprise avec Anand Group en Inde, a progressé de 2,19 %. Seule vraie déconvenue, BE Semiconductor Industries a plongé de 9,45 % après un abaissement de recommandation, justifié par la lenteur de la demande sur une technique d’encapsulation de puces.

Le marché obligataire a été le théâtre des mouvements les plus spectaculaires. Le rendement du bon du Trésor américain à dix ans est monté à 5,307 %, après avoir touché en séance un plus haut depuis 2002. Celui à trente ans a inscrit un nouveau sommet de vingt-quatre ans, à 5,7041 %. Deux adjudications du Trésor américain étaient par ailleurs suivies de près, histoire de jauger l’appétit pour la dette américaine. En Europe, le Bund allemand à dix ans a terminé stable à 3,48 %, quand son équivalent français a grimpé de 12,1 points de base, à 4,86 %. L’écart entre les deux est remonté près de 140 points de base, les pays de la zone euro les plus endettés voyant leurs rendements progresser plus vite que ceux de l’Allemagne, jugée plus sûre. Sur le marché des changes, l’euro a lâché 0,65 % face au dollar, à 1,1185, non loin de son plus bas niveau en dix-sept mois atteint lundi. La livre sterling reculait de 0,49 %, à 1,3209 dollar, mais retrouvait face à l’euro son meilleur niveau depuis juin 2025.

Du côté de l’or noir, la séance a été agitée. Les inquiétudes sur l’approvisionnement ont refait surface après l’attaque des Houthis du Yémen contre l’aéroport international d’Aden, menée avec des missiles balistiques et des drones chargés d’explosifs, une information rapportée par le ministère yéménite des Transports, alors que les combats s’intensifient entre le groupe aligné sur l’Iran et les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite. Le Brent s’est apprécié de 0,59 %, à 101,18 dollars le baril, tandis que le brut léger américain reculait de 0,23 %, à 89,2 dollars.

Quelques chiffres économiques sont venus compléter le tableau. La production industrielle allemande a progressé plus que prévu en août, avec une hausse de 2,0 %, après un repli de 1,1 % en juillet. En France, le déficit commercial s’est réduit à 6,122 milliards d’euros fin août, contre 6,597 milliards le mois précédent.

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