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La Russie s’attaque aux usines danoises qui arment l’Ukraine

Le renseignement danois affirme que Moscou a lancé des opérations de sabotage contre des entreprises du pays fournissant l’Ukraine. N’ayant pas réussi à…

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La Russie s'attaque aux usines danoises qui arment l'Ukraine

Le renseignement danois affirme que Moscou a lancé des opérations de sabotage contre des entreprises du pays fournissant l’Ukraine. N’ayant pas réussi à freiner le soutien occidental par des actions plus larges, la Russie change d’échelle et de méthodes.

C’est une responsable du renseignement danois qui a levé le voile, mercredi, lors d’une conférence consacrée à la sécurité intérieure à Copenhague. Josefine Christensen, analyste en chef au sein du Service de renseignement de la police danoise, le PET, a expliqué que la Russie avait lancé des opérations de sabotage visant des entreprises danoises qui fournissent l’Ukraine. Un constat simple à comprendre. Moscou a fini par admettre, dans ses propres calculs, que ses tentatives de perturbation à plus grande échelle n’avaient pas réussi à décourager les pays occidentaux de l’Otan de continuer à soutenir Kyiv. Il fallait donc trouver autre chose.

Et cette autre chose marque une montée d’un cran dans la guerre hybride menée par la Russie. La campagne ne vise plus seulement à semer le trouble, elle cherche désormais à frapper des cibles qui pèsent directement sur la ligne de front, à commencer par la production d’armes. L’analyse de la responsable du PET est nette sur ce point. Moscou garde la main politique sur ces attaques, mais leur audace opérationnelle ne cesse de grandir. Les faits, eux, se sont accélérés au fil des mois. Au printemps, les enquêteurs ont observé beaucoup de préparatifs et très peu de passages à l’acte. Au début de l’été, le changement était visible. Les opérations se sont multipliées.

Autre évolution notable, le profil de ceux qui les exécutent. La Russie recourt de plus en plus à des intermédiaires non formés, recrutés via Telegram et d’autres réseaux sociaux, parmi lesquels des sans-abri et des toxicomanes. Le point de départ reste souvent anodin, des tâches de reconnaissance ou des photographies. Puis l’engrenage se met en route, jusqu’à de véritables opérations de sabotage. « Il peut s’agir de n’importe qui cherchant simplement à gagner de l’argent rapidement », a résumé Josefine Christensen, avant d’ajouter que si la première personne échoue, une autre est envoyée, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’objectif soit atteint.

La responsable du renseignement a aussi cité un document russe. Une liste établie par le ministère de la Défense répertorie des fabricants européens présumés de drones et de composants de drones, que Moscou a désignés en avril comme des cibles militaires potentielles. Elle n’a pas donné davantage de précisions. De son côté, Moscou nie toute implication dans des opérations de sabotage ou de guerre hybride. L’ambassade de Russie à Copenhague a rejeté ces accusations mercredi, reprochant aux autorités danoises des allégations infondées.

Ce dossier s’inscrit dans un climat qui se tend depuis plusieurs mois. En septembre, le service de renseignement militaire danois estimait que la Russie était susceptible d’intensifier ses attaques hybrides contre l’Occident dans les mois suivants. Peu avant, l’Allemagne avait accusé Moscou d’être responsable d’une tentative d’attaque de drone contre l’aéroport de Leipzig/Halle, en août. Le Danemark a lui-même été touché. En septembre 2025, à la veille d’un sommet de l’Union européenne organisé dans le pays, des drones ont perturbé le trafic aérien dans six aéroports, dont celui de Copenhague, le plus fréquenté de la région nordique. La Première ministre Mette Frederiksen avait alors parlé d’une attaque hybride.

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