Nous rejoindre sur les réseaux

Planète

Un phoque vous regarde, vous êtes trop près

Cet été, sur le littoral des Hauts-de-France, les phoques sont devenus une vraie attraction. Agents et bénévoles apprennent aux vacanciers à les observer…

Article

le

Un phoque vous regarde, vous êtes trop près

Cet été, sur le littoral des Hauts-de-France, les phoques sont devenus une vraie attraction. Agents et bénévoles apprennent aux vacanciers à les observer sans leur gâcher la journée.

Dans la baie d’Authie, à deux pas des serviettes de plage de Berck-sur-Mer, des dizaines de phoques se prélassent sur un banc de sable. Les touristes sortent les téléphones, mais les agents du parc naturel marin veillent. Une inspectrice de l’environnement tend un marque-page percé de deux oeillères et donne la consigne. On tend le bras, et si l’animal disparaît du trou de la découpe, c’est qu’il faut reculer.

Ce n’est pas un caprice. Les phoques vivent au rythme des marées, ils chassent quand l’eau monte et se reposent quand elle descend. Un promeneur trop curieux peut les faire replonger et casser leur cycle de récupération. Au début de l’été, le danger est encore plus grand. C’est la saison des naissances pour les veaux-marins, et un phoque effrayé peut fuir en laissant son petit derrière lui. Les spécialistes conseillent donc de rester à 300 mètres minimum quand on est à pied, à 100 mètres en bateau, et de sortir les jumelles ou les zooms au lieu de s’approcher.

Dans la baie de Somme, la protection se voit même dans le sable. Des bénévoles plantent cônes et panneaux pour tracer une frontière entre les humains et les mammifères. C’est ici que vit la plus grande colonie de France, avec plusieurs centaines de veaux-marins et jusqu’à 500 phoques gris. La commune de Fort-Mahon-Plage a lancé l’été dernier un dispositif inédit dans la région. Dès qu’un phoque isolé est repéré, un périmètre est installé rapidement pour que les équipes puissent intervenir sans le stresser.

Les professionnels du tourisme sont aussi dans la boucle. Tous les opérateurs qui proposent des sorties en bateau près des colonies ont signé une charte de bonnes pratiques. Les agents du parc ont le pouvoir de verbaliser les contrevenants, même si l’amende reste rare et vise surtout les récidivistes. L’objectif est de faire comprendre avant de sanctionner.

La pression ne va pas diminuer. Les Hauts-de-France ont enregistré près de 11 millions de nuitées estivales en 2025, soit 6,7% de plus que l’année précédente, et les étés plus cléments pourraient encore attirer du monde. En parallèle, les réseaux sociaux tournent avec des photos prises beaucoup trop près, sans aucun contexte, et donnent envie de s’aventurer hors des sentiers. Une touriste belge venue avec ses enfants sur la côte trouve ces rappels tout à fait normaux. Après tout, chaque animal a besoin de son territoire.

Pour aller plus loin, agents et bénévoles ont passé le terrain au peigne fin afin de cartographier ce qui perturbe vraiment les phoques. Les premiers résultats doivent sortir dans les prochains mois. Ils s’intéressent aussi aux grands chalutiers de pêche, dont l’effet sur la tranquillité des mammifères est jugé réel, mais encore difficile à mesurer.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus