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Cuba se souvient de Fidel Castro cent ans après sa naissance, mais l’île est à bout de souffle

Entre célébrations officielles et quotidien marqué par les pénuries, les Cubains portent un regard contrasté sur l’héritage du Lider Maximo. La crise…

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Cuba se souvient de Fidel Castro cent ans après sa naissance, mais l'île est à bout de souffle

Entre célébrations officielles et quotidien marqué par les pénuries, les Cubains portent un regard contrasté sur l’héritage du Lider Maximo. La crise actuelle ravive les souvenirs, les regrets et les colères.

La Havane sort les portraits, les fleurs et les chansons pour marquer le centenaire de Fidel Castro. Le Parti communiste a prévu des expositions, des concerts et des conférences depuis plusieurs jours. Mais jamais l’écart n’a paru aussi grand entre la glorification du passé et le présent des Cubains. L’île traverse l’une des périodes les plus dures de son histoire récente. Les rayons des magasins se vident, l’eau manque, l’électricité saute sans prévenir. Et beaucoup cherchent dans les souvenirs du commandant une réponse que les dirigeants actuels ne fournissent pas.

Leonel Suarez, 54 ans, embrasse le portrait de Castro avant de l’accrocher à sa fenêtre. Il collectionne les objets révolutionnaires depuis des années et garde une foi intacte. « Fidel aurait eu une stratégie en ce moment », assure-t-il. Pourtant, la réalité le rattrape. Un touriste lui a récemment proposé 100 dollars pour une photo de son héros. Il a accepté. « Il faut bien vivre », dit-il simplement. Rogelio Valdivia, lui, tient un atelier de peinture et de carrosserie dans la Vieille Havane. Les murs sont fissurés, comme beaucoup d’autres bâtiments de la ville. « Fidel n’est plus là, et personne n’a les capacités qu’avait Fidel », regrette-t-il. Né sous la Révolution, il lui doit d’avoir trouvé sa voie. Aujourd’hui, il ne voit plus personne capable de guider le pays avec la même force.

Tous les souvenirs ne sont pas tendres. Angela Gutiérrez, 86 ans, dit sa déception. Elle a parcouru les étals du marché sans rien acheter, les prix sont trop élevés. « Pourquoi coupent-ils autant le courant ? Ils sont en train de détruire la vie des gens », s’agace-t-elle. Cette femme appartient à la génération qui a profité de l’école et de la santé gratuites promises par la Révolution. Des acquis qui se sont en grande partie évaporés. Pour Manuel Cuesta, historien et opposant, le problème ne vient pas de l’absence de Castro mais de ce qu’il a laissé derrière lui. Jeune, il voyait en lui un « rédempteur ». Avec les années, l’image s’est ternie. Aujourd’hui, il affirme que beaucoup de Cubains considèrent Fidel Castro comme « le responsable originel de cette catastrophe nationale ».

Hassan Pérez, historien et ancien proche collaborateur de Castro, reconnaît que ce centenaire tombe au pire moment. « Les conditions les plus complexes qu’on puisse imaginer », dit-il. Il admet que le pacte social construit par la Révolution s’est érodé. Pendant des décennies, le régime offrait une protection sociale en échange de la discipline politique. Ce contrat semble aujourd’hui en lambeaux. Pourtant, l’affection pour Castro résiste. Mildred Barreto, 66 ans, femme de ménage, mène une vie de lutte constante. Mais elle reste formelle. « Avec notre comandante, ce n’était pas comme ça », murmure-t-elle. Cent ans après sa naissance, Fidel Castro continue de diviser Cuba entre ceux qui pleurent un guide et ceux qui dénoncent une promesse jamais tenue.

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