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Le leurre géant de Donald Trump pour semer ses propres journalistes
Menace iranienne, avion leurre et conteneur secret. Le président américain a joué à cache-cache avec la presse lors d’un vol retour de Turquie.


Menace iranienne, avion leurre et conteneur secret. Le président américain a joué à cache-cache avec la presse lors d’un vol retour de Turquie.
Le 8 juillet dernier, sur un tarmac turc, une opération d’une rare audace s’est jouée. Donald Trump devait rejoindre les États-Unis à bord de son Boeing 747, mais il n’y a jamais mis les pieds. À la place, une douzaine de journalistes ont embarqué dans cet appareil, persuadés de voyager avec lui. Le président, lui, s’est glissé dans un conteneur de ravitaillement monté sur un camion, pour rejoindre un autre avion militaire garé à proximité. Cette mise en scène visait à le protéger d’une menace d’attaque iranienne, selon des responsables américains.
Tout avait pourtant bien commencé. À l’aller, le milliardaire de 80 ans avait utilisé le Boeing 747 offert, mais la Maison Blanche avait changé ses plans au dernier moment. Inquiète pour sa sécurité, elle avait préféré le faire voyager sur un ancien appareil, jugé plus fiable. C’est donc ce vieux coucou aux peintures bleu clair qui s’est présenté sous l’objectif des photographes. Pendant ce temps, un camion chargé d’un conteneur a fait marche arrière près de l’avion. Le président en est sorti pour monter à bord d’un C-32A, un appareil plus petit, sans que personne ne s’en aperçoive. Même les hauts responsables restés dans l’avion leurre, comme le chef de la diplomatie Marco Rubio, n’ont rien vu. Les journalistes, installés à l’arrière dans une cabine isolée, n’ont remarqué qu’une seule anomalie. Le Secret Service avait exigé de baisser les stores des hublots au décollage, une consigne rarissime.
Une fois arrivé sur la base de Mildenhall en Angleterre, Donald Trump a regagné son Boeing 747, là encore en secret. Puis il a descendu la passerelle devant les journalistes comme si de rien n’était, avant de repartir avec eux vers les États-Unis. Pendant le vol, il s’est même payé leur tête. Interrogé sur les stores baissés, il a répondu que c’était à cause des salauds à qui l’Amérique a affaire, puis a ajouté qu’il vivait en permanence sous la menace. Une déclaration qui en dit long sur la tension du moment. La Maison Blanche a simplement indiqué que beaucoup d’ennemis des États-Unis visent le président et que tous les outils disponibles sont utilisés pour faire face à ces menaces.
Ce camouflage n’est pas une première dans l’histoire américaine. Bill Clinton avait déjà utilisé un avion leurre en 2000 pour se rendre au Pakistan, et la visite surprise de Joe Biden à Kiev en 2023 avait été tenue secrète jusqu’au bout. Mais cette fois, le secret a été poussé si loin que même les correspondants de la Maison Blanche ont été bernés. Résultat, plusieurs questions se posent sur la sécurité d’un président qui se déplace avec un impressionnant arsenal de précautions, et sur la communication d’une présidence qui n’hésite pas à transformer ses propres journalistes en appât vivants.
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