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L’eau potable livrée par camion-citerne à Sainte-Marie-aux-Mines, une première sous la sécheresse

Sous l’effet de la sécheresse, les sources de cette petite ville alsacienne ne suffisent plus. Pour la première fois, des camions-citernes viennent…

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L'eau potable livrée par camion-citerne à Sainte-Marie-aux-Mines, une première sous la sécheresse

Sous l’effet de la sécheresse, les sources de cette petite ville alsacienne ne suffisent plus. Pour la première fois, des camions-citernes viennent compléter l’approvisionnement en eau potable.

Tôt le matin, un camion rouge muni de deux citernes métalliques grimpe dans la vallée vosgienne. À son bord, 30 m3 d’eau potable pour Sainte-Marie-aux-Mines, dans le Haut-Rhin. Cette livraison venue de Lièpvre, une commune voisine reliée à la nappe phréatique d’Alsace, est une première. Jamais cette bourgade d’environ 5 000 habitants, entièrement dépendante de ses sources, n’avait eu besoin d’un tel ravitaillement.

La rotation se répète depuis début août, deux fois par semaine. Après la première cargaison, le camion doit revenir trois fois dans la journée, puis quatre fois vendredi. Les chiffres expliquent l’urgence. Les sources produisent en moyenne 800 à 850 m3 par jour, alors que les habitants en consomment entre 900 et 950. Le déficit tourne autour de 10% de la production. Rien de grave à ce stade, mais assez pour obliger la collectivité à compenser chaque jour le manque.

L’alerte n’est pas totalement nouvelle. En juin, lors de Mineral&Gem, un important salon des minéraux qui avait attiré 45 000 visiteurs, la commune avait déjà vu ses ressources faiblir. Mais à l’époque, la foule expliquait tout. Cette fois, la population est celle d’un été ordinaire. C’est donc le climat qui est en cause. Les canicules à répétition, les sécheresses inédites et la raréfaction de la neige en hiver ont pesé sur les sources. Regarder les collines jaunies qui entourent la ville, c’est lire la même histoire.

La mairie a distribué une liste de gestes simples pour économiser l’eau. Récupérer l’eau froide avant d’avoir de l’eau chaude, couper le robinet pendant le brossage des dents. Des mesures plus contraignantes s’appliquent également. Il est interdit de remettre à niveau sa piscine, d’arroser les pelouses ou de laver sa voiture. Le Haut-Rhin est classé en situation de crise, comme une grande partie du territoire national. L’État évalue à près de 70% la part du pays concernée par des restrictions et a convoqué une réunion de crise mercredi. À l’échelle nationale, plus de 30 000 personnes réparties dans 80 communes dépendent déjà de l’eau livrée par camion-citerne ou en bouteille.

Dans la ville, la vie continue. Au restaurant du centre, la gérante assure que l’eau coule toujours très bien au robinet. Mais elle reconnaît que l’été est particulier. Des restrictions, elle en a connu, jamais autant. Une octogénaire installée de longue date témoigne de la même inquiétude. Elle récupère l’eau froide en attendant la chaude, ne laisse plus couler le robinet, et regarde le mercure monter avec appréhension. Ici, dit-elle, il y avait de vrais étés. Pas des étés pareils.

L’épisode est un signal pour l’avenir. La commune, branchée uniquement sur ses sources, doit réfléchir à des solutions de secours. Le syndicat des eaux évoque des projets pour sécuriser l’alimentation et compenser les déficits, avec notamment l’idée d’une interconnexion à un réseau plus large. L’eau est devenue une ressource trop précieuse pour attendre que la pluie revienne.

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