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Le coup de sang de Trump écourte les manœuvres militaires avec la Corée du Sud

Les exercices conjoints entre Washington et Séoul devaient durer jusqu’à fin août. Ils s’arrêteront vendredi, après que Donald Trump a dénoncé leur…

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Le coup de sang de Trump écourte les manœuvres militaires avec la Corée du Sud

Les exercices conjoints entre Washington et Séoul devaient durer jusqu’à fin août. Ils s’arrêteront vendredi, après que Donald Trump a dénoncé leur caractère hostile envers la Corée du Nord.

Les grandes manœuvres militaires que Séoul et Washington organisent chaque année ne joueront pas les prolongations. Prévues jusqu’au 27 août, elles s’arrêteront dès vendredi, soit six jours plus tôt que prévu. La raison tient en un nom, Donald Trump. Le président américain a jugé ces exercices « totalement inappropriés et hostiles » envers la Corée du Nord, promettant de réduire « considérablement » la participation des troupes américaines.

Trump ne cache pas sa proximité avec Kim Jong Un, qu’il a rencontré trois fois lors de son premier mandat. Il assure avoir une « très bonne relation » avec le dirigeant nord-coréen. Et visiblement, il veut remettre ça. Il pousse désormais pour une nouvelle rencontre dès cet automne. Interrogé sur un éventuel signe de bonne volonté de Kim, le président américain a simplement répondu « oui, il l’a fait », sans préciser s’ils s’étaient parlé.

Côté sud-coréen, l’annonce a secoué les états-majors. Un responsable militaire parle d’une décision « inhabituelle ». L’état-major interarmées de Séoul affirme avoir « ajusté la durée » de l’exercice Ulchi Freedom Shield à la suite d’une « suggestion » américaine. Le Pentagone, lui, jure que les objectifs d’entraînement restent intacts. Sur le terrain, quelque 18.000 soldats sud-coréens devaient manœuvrer avec une partie des 28.500 militaires américains stationnés dans le pays, l’un des plus gros déploiements américains en Asie.

Chaque année, ces manœuvres ont un objectif précis, simuler un combat contre les troupes de Pyongyang. Pour la Corée du Nord, qui vit en état de guerre technique avec le Sud depuis la fin de leur conflit en 1953, c’est une provocation permanente. Cette année, le régime a même effectué des essais de missiles à l’approche des exercices. Les manœuvres sont également placées sous le signe de la nouvelle expérience acquise par l’armée nord-coréenne aux côtés de la Russie sur le front ukrainien. Un rappel que la péninsule n’est pas un dossier figé.

Park Won-gon, professeur à l’université Ewha, rappelle que la suspension de ces exercices a toujours été une condition posée par Pyongyang pour accepter un dialogue avec Washington. Dans cette optique, cette réduction pourrait être un signal positif. Mais le régime ne désarme pas. Pyongyang a répété que ces manœuvres « posent la menace la plus immédiate et la plus franche » à la sécurité régionale, et promet d’exercer son « droit à l’autodéfense ». De son côté, le président sud-coréen Lee Jae Myung a tenté de minimiser, assurant que ces exercices visent à protéger la vie des populations et non à désigner un adversaire.

Dans ce contexte tendu, la Chine s’invite dans la partie. Son ministre des Affaires étrangères doit se rendre à Séoul pour rencontrer le président Lee. Pékin affiche régulièrement sa volonté de tempérer son allié nord-coréen. Mais Pyongyang joue de plus en plus la carte russe, ce qui complique l’équation.

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