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Droits de douane, la grande relance de l’auto américaine se fait toujours attendre

Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump promet un renouveau spectaculaire de l’industrie automobile américaine grâce aux droits de douane. Le…

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Droits de douane, la grande relance de l'auto américaine se fait toujours attendre

Depuis son retour à la Maison Blanche, Donald Trump promet un renouveau spectaculaire de l’industrie automobile américaine grâce aux droits de douane. Le bilan est bien plus contrasté, entre investissements annoncés, brouillard commercial et emploi qui redémarre à peine.

General Motors, Toyota, Ford et d’autres constructeurs ont bel et bien annoncé des projets d’agrandissement d’usines aux États-Unis, ou le rapatriement partiel de leur production. La carotte est connue, une taxe de 25 % sur les véhicules qui entrent dans le pays. Mais ces gains restent modestes, et surtout fragilisés par l’incertitude qui entoure la politique commerciale de Washington. « C’est une victoire partielle », résume Stephanie Brinley, analyste chez Mobility Global.

Le dernier signal en date vient des tensions entre Washington et Ottawa. En juillet, les États-Unis ont annoncé qu’ils ne souhaitaient pas reconduire l’accord de libre-échange nord-américain, l’ACEUM. Le texte serait désormais examiné chaque année jusqu’à son échéance, en 2036, même si les discussions se poursuivent avec le Mexique et le Canada. Ce flou pèse déjà sur les décisions. Un haut responsable de Honda a indiqué en août étudier la construction d’une nouvelle usine en Amérique du Nord, tout en prévenant qu’un prolongement de l’incertitude autour de l’ACEUM pourrait remettre ce projet en cause.

Ce sont les équipementiers qui encaissent le plus durement le choc. Ces entreprises fournissent pièces et technologies aux constructeurs et font vivre quelque 930 000 emplois aux États-Unis. Entre les droits de douane et le revirement de Donald Trump sur les véhicules électriques, leurs investissements ont nettement ralenti. Ils dépassaient 8 milliards de dollars au premier trimestre 2025, ils sont retombés à environ 600 millions lors de chacun des deux trimestres suivants, avant un rebond partiel, constate l’économiste Tyler Harp, du Center for Automotive Research.

L’emploi, lui, repart doucement. Après un recul en 2025, le secteur automobile américain comptait près de 1,8 million de salariés en septembre, soit environ 1 % de plus qu’en janvier 2025, quand Donald Trump a pris ses fonctions. Un niveau qui reste tout de même inférieur de plus de 2 % au pic atteint en juillet 2024, sous Joe Biden. La production, de son côté, ne bouge quasiment pas.

Le vrai décollage n’est pas attendu avant 2030. C’est à cette date que produiront leurs effets les investissements annoncés dans le Michigan, le Kansas et le Tennessee, pour 4 milliards de dollars, et le transfert par Toyota de la production du pick-up Tacoma du Mexique vers le Texas, pour 3,6 milliards. La production américaine devrait rester autour de 10 millions de véhicules en 2026, puis grimper à environ 11,3 millions en 2030. « Il y a clairement une hausse à venir, et elle est en partie liée aux droits de douane », souligne Stephanie Brinley, en rappelant qu’une usine se décide sur plusieurs décennies, pas sur la durée d’un mandat présidentiel.

Personne ne mise pour autant sur une trajectoire linéaire. Pour l’association américaine des équipementiers, les changements de politique commerciale représentent désormais le principal risque du secteur. Deloitte observe de son côté que les entreprises arbitrent davantage en faveur d’une maîtrise des coûts que d’une stratégie de croissance, et qu’elles accélèrent leurs investissements dans l’automatisation et la robotique.

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