Économie
Bull double sa production à Angers et veut rester le champion européen du calcul
L’entreprise, passée sous pavillon public ce printemps, a inauguré vendredi une salle d’assemblage deux fois plus grande sur son site historique. Objectif…


L’entreprise, passée sous pavillon public ce printemps, a inauguré vendredi une salle d’assemblage deux fois plus grande sur son site historique. Objectif affiché, rester le seul acteur du continent capable de fabriquer des supercalculateurs à grande échelle.
Vendredi, Bull a ouvert un nouveau bâtiment sur son site historique d’Angers, en Maine-et-Loire. La salle dévoilée dépasse les 10 000 mètres carrés, et une centaine de personnes en blouse blanche s’y affairent déjà. Sur de grandes plaques d’une trentaine de kilos, baptisées lames de calcul, elles fixent des cartes mères, des processeurs, des cartes mémoires et des processeurs graphiques, les fameux GPU. Ces briques électroniques constituent le cœur des supercalculateurs, ces ordinateurs taillés pour atteindre les plus hautes performances avec les technologies les plus pointues du moment.
L’entreprise annonce avoir doublé ses capacités de production. Le chantier ne s’arrête pas là, puisque la modernisation complète du site doit s’achever en 2028. Bull le présente comme le seul ensemble industriel d’Europe capable d’assembler des supercalculateurs à grande échelle. Un positionnement rare, dans un secteur où les machines les plus puissantes se comptent sur les doigts d’une main.
La demande, elle, ne faiblit pas. La recherche scientifique s’appuie depuis longtemps sur ces calculateurs, et l’essor de l’intelligence artificielle a encore ouvert le marché. Fin août, Bull a décroché un contrat de près de 400 millions d’euros pour concevoir un supercalculateur dédié à l’IA, qui doit être livré en Finlande.
Depuis avril, l’entreprise est passée sous contrôle de l’État français. Détachée du groupe informatique Atos, elle a été rachetée par l’Agence des participations de l’État, avec l’idée de préserver la souveraineté technologique française et européenne. Le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin, s’était alors félicité de cette nationalisation, se réjouissant qu’une telle entreprise puisse répondre à une demande mondiale en forte croissance.
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