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Les aides à la rénovation énergétique perdent 200 millions d’euros pour 2027

La dotation que l’État verse à l’Agence nationale de l’habitat passera de 1,4 à 1,2 milliard d’euros l’an prochain. Un tour de vis qui pose question…

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Les aides à la rénovation énergétique perdent 200 millions d'euros pour 2027

La dotation que l’État verse à l’Agence nationale de l’habitat passera de 1,4 à 1,2 milliard d’euros l’an prochain. Un tour de vis qui pose question, alors que le gouvernement mise sur les certificats d’économie d’énergie pour prendre le relais.

L’Agence nationale de l’habitat joue un rôle central dans la rénovation du parc privé. C’est elle qui distribue MaPrimeRénov’, l’aide phare pour les travaux d’économie d’énergie, et MaPrimeAdapt’, pensée pour adapter un logement au handicap ou au grand âge. Pour 2027, le gouvernement prévoit de lui verser 1,2 milliard d’euros de crédits de paiement, contre 1,4 milliard en 2026. Soit 200 millions d’euros en moins.

Le recul est assumé. Le gouvernement l’explique par un recentrage de la rénovation énergétique sur la décarbonation, en cohérence avec le Plan Électrification, et par le fait que le financement des gestes repose désormais sur les certificats d’économie d’énergie. Ces CEE ne viennent pas des caisses de l’État mais des fournisseurs d’énergie et de carburant, qui les financent sur fonds privés.

Beaucoup de zones d’ombre subsistent. Le gouvernement ne précise pas le budget dédié à MaPrimeRénov’, ni s’il compensera les 200 millions manquants grâce aux certificats d’économie d’énergie, comme il l’avait fait pour le budget 2026. Le mécanisme divise, car les entreprises concernées répercutent tout ou partie de son coût sur les consommateurs, à commencer par les prix à la pompe.

Le périmètre de MaPrimeRénov’ a lui aussi été resserré. L’aide se limite aux rénovations globales de logements occupés par des ménages modestes et à quelques travaux bien identifiés, comme l’installation d’une pompe à chaleur. Pour la plupart des chantiers menés isolément, isolation des murs, des fenêtres ou des toits, seul le dispositif des certificats d’économie d’énergie peut encore intervenir.

Maxime Ledez, chercheur à l’Institut de l’économie pour le climat, invite à la prudence. À ses yeux, il est difficile de juger du niveau réel de soutien à la rénovation énergétique du parc privé en se fiant uniquement au projet de loi de finances, tant les certificats d’économie d’énergie ont pris de poids. Ceux-ci remplacent désormais MaPrimeRénov’ pour le soutien par geste et devraient rester une ressource importante pour les rénovations d’ampleur. Le chercheur ne s’attend pas à voir la France approcher dès l’an prochain la cible de 250.000 rénovations d’ampleur par an d’ici 2030.

Pour mesurer le changement, un repère utile. Le budget d’aides aux particuliers voté pour l’Agence en 2026 atteint 4,4 milliards d’euros, dont 3,6 milliards pour MaPrimeRénov’. Autrement dit, la marche est haute entre les ambitions affichées et les moyens engagés.

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