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Le patron des prisons du Tennessee jette l’éponge après une exécution qui tourne court

Frank Strada quitte son poste quelques jours après l’échec de l’injection létale infligée à Christa Pike, toujours entre la vie et la mort. Le gouverneur…

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Le patron des prisons du Tennessee jette l'éponge après une exécution qui tourne court

Frank Strada quitte son poste quelques jours après l’échec de l’injection létale infligée à Christa Pike, toujours entre la vie et la mort. Le gouverneur Bill Lee a suspendu les mises à mort dans l’Etat et confié l’enquête à des mains extérieures.

Le chef de l’administration pénitentiaire du Tennessee a présenté sa démission. Frank Strada quittera ses fonctions dans le courant du mois, a confirmé le gouverneur Bill Lee, sans relier frontalement cette décision à l’exécution manquée de Christa Pike. La condamnée de 50 ans devait devenir la première femme mise à mort dans cet Etat du Sud depuis plus de deux siècles. Le gouverneur a simplement salué un choix guidé, selon lui, par l’intérêt des habitants.

Pour saisir l’affaire, il faut remonter à 1995. Christa Pike avait alors 18 ans. Avec son compagnon de l’époque, elle avait battu à mort Colleen Slemmer, 19 ans, lors d’un stage de professionnalisation. Le corps de la victime portait un pentagramme taillé sur la poitrine, un symbole souvent rattaché au satanisme, qui avait donné aux faits un retentissement considérable.

Christa Pike, elle, n’est toujours pas sortie d’affaire. Elle est inconsciente et placée sous assistance respiratoire depuis que les autorités ont tenté de l’endormir avec une substance censée couper le système nerveux. Deux injections ont été administrées. Des journalistes présents sur place ont décrit des ronflements qui ont duré près d’une heure. Son avocat, Stephen Ferrell, et plusieurs médecins avaient prévenu. Les aiguilles pouvaient se déloger ou transpercer les veines, envoyant le produit dans le bras plutôt que dans le sang.

Des documents sur cette soirée ratée ont été versés devant la justice de l’Etat. Les défenseurs de la condamnée pressent le gouverneur de commuer sa peine. Randy Spivey, l’un de ses conseils, estime qu’après plus de vingt ans passés à l’isolement et une tentative complète de la tuer, Christa Pike porte le châtiment le plus lourd jamais infligé dans l’histoire de la peine capitale américaine. Bill Lee avait déjà refusé cette clémence, tout en laissant entendre qu’il ne renonçait pas à l’exécution. Appliquer les sentences prononcées dans son Etat reste sa responsabilité, même quand c’est difficile, avait-il soutenu.

La suite s’écrit désormais en dehors des couloirs de la mort. Les exécutions sont gelées dans le Tennessee et une enquête indépendante a été lancée. L’administration pénitentiaire assure avoir suivi son protocole à la lettre depuis la reprise des mises à mort, après trois ans de moratoire. Un moratoire décrété à l’origine pour de mauvais contrôles sur la solution mortelle. Frank Strada juge cette enquête nécessaire et affirme que son départ sert l’intérêt des habitants pendant qu’elle se déroule. Un dernier élément pèse lourd. La survie de Christa Pike à une dose létale constitue une première. Depuis 1976, dix-huit femmes ont pourtant été exécutées aux Etats-Unis.

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