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À Gand, les canaux virent au vert après un été de tous les records

La lentille d’eau a envahi les voies d’eau de la ville flamande, poussée par la sécheresse et des températures hors norme. Un décor surprenant pour les…

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À Gand, les canaux virent au vert après un été de tous les records

La lentille d’eau a envahi les voies d’eau de la ville flamande, poussée par la sécheresse et des températures hors norme. Un décor surprenant pour les touristes, une vraie difficulté pour les bateaux.

À Gand, l’eau a changé de robe. Les canaux qui serpentent au pied des églises et des bâtiments historiques de la cité flamande sont désormais recouverts d’un épais tapis vert, signé par une plante aquatique, la lentille d’eau. Sa prolifération a pris une ampleur inédite, nourrie par un manque de pluie persistant et des températures hors norme tout au long de l’été.

Le contexte n’a rien d’anodin. La Belgique a enchaîné les vagues de chaleur et bouclé l’été 2026 le plus chaud jamais mesuré dans le pays, avec une moyenne de 20,3 degrés sur juin, juillet et août, contre 19,9 en 2018, précédent record. La sécheresse des sols et la chaleur prolongée en septembre ont créé les conditions idéales pour que la plante colonise rivières et canaux. Elle s’étend surtout sur la Lys, qui arrive du nord de la France avant de franchir la frontière et de rejoindre l’Escaut à Gand. Son passage au cœur de la ville, où elle se divise en plusieurs bras aménagés, rend le phénomène d’autant plus visible.

« Normalement la plante est présente là où les eaux sont stagnantes, mais en ce moment elle se répand partout. C’est la première fois que nous la voyons se développer de manière aussi massive chez nous », explique Geert Weymeis, porte-parole des Voies navigables de Flandre. Il prévient que la situation pourrait perdurer plusieurs semaines si le thermomètre ne redescend pas nettement. En cause, les lentilles privent de lumière le reste de la vie aquatique.

Sur place, le décor surprend. Entre le bleu du ciel et ce vert éclatant, le contraste ne laisse personne indifférent. Deux étudiants en architecture croisés en ville, Ramzi Salhi et Laura Janssens, partagent le même trouble. Le premier trouve le tableau à la fois « très spécial » et préoccupant, du jamais-vu à Gand selon lui. La seconde, touchée, y voit la trace du réchauffement climatique. La plante, elle, n’est pas toxique et pousse naturellement. Les touristes peuvent donc embarquer sans crainte sur les bateaux qui longent les monuments.

Les professionnels du tourisme fluvial, eux, composent avec un souci bien concret. Le moteur d’un bateau se refroidit en aspirant de l’eau pendant la navigation. Or la couche de lentilles bouche peu à peu cette aspiration. « À cause des lentilles d’eau, l’aspiration se fait moins bien et il y a un risque de surchauffe. Depuis un mois, quelques bateaux sont déjà tombés en panne », raconte Davide Siddi, employé du secteur.

Derrière ce phénomène spectaculaire se dessine un mécanisme plus large. Des scientifiques rattachent ces excès de température, la faiblesse des pluies et l’assèchement des sols au changement climatique d’origine humaine. À Gand, l’eau verte en est devenue l’image la plus frappante.

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