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Reconstruire vite et à l’identique après les incendies, l’erreur à ne pas commettre

Des centaines de maisons ont brûlé dans le Sud-Ouest. Une géographe prévient que la reconstruction express sans repenser l’urbanisme prépare le prochain…

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Reconstruire vite et à l’identique après les incendies, l’erreur à ne pas commettre

Des centaines de maisons ont brûlé dans le Sud-Ouest. Une géographe prévient que la reconstruction express sans repenser l’urbanisme prépare le prochain drame.

Les feux de forêt de l’été ont ravagé la Gironde et les Landes, laissant derrière eux près de 450 habitations détruites. Le gouvernement, par la voix de Sébastien Lecornu, promet de rebâtir rapidement, presque à l’identique. Mais est-ce vraiment la bonne réponse ? Pauline Vilain-Carlotti, géographe et autrice d’un ouvrage sur la manière d’habiter face au feu, dit clairement non. Reconstruire sans rien apprendre de ce désastre, explique-t-elle, c’est fermer les yeux sur les causes profondes de notre fragilité face aux incendies.

La région cumule les difficultés. Elle abrite une forêt très inflammable et attire chaque été des milliers de touristes qui n’ont ni la culture du risque ni celle du feu. Dans ces conditions, remettre les mêmes maisons aux mêmes endroits, sans changer l’aménagement, revient à préparer le prochain sinistre. Pour la géographe, il faut au contraire limiter la construction dans les zones dangereuses et accepter que certains terrains ne puissent plus être bâtis, que ce soit à cause des feux, des inondations ou du recul du littoral. La sobriété foncière devient une priorité.

Elle propose aussi de s’inspirer des villages méditerranéens traditionnels, qui savaient se protéger du feu. Le principe repose sur plusieurs ceintures de sécurité. D’abord un centre habité dense, entouré de champs, de vignes ou de cultures qui forment un premier pare-feu naturel. Ensuite des pâturages où la végétation est entretenue, parfois en utilisant le feu comme outil de gestion. Enfin la forêt, maintenue loin des maisons. Cette organisation en anneaux successifs évite le contact direct entre l’habitat et les arbres. Aujourd’hui, l’étalement urbain et la déprise agricole ont fait voler en éclat ces barrières. En France, des milliers de communes sont exposées au risque d’incendie, mais seulement quelques centaines disposent d’un plan de prévention pour encadrer l’urbanisme. C’est trop peu face à l’ampleur du défi.

Reste aussi la question des sites industriels dangereux, notamment ceux classés Seveso. Une forêt qui brûle peut provoquer des explosions ou des fuites de produits toxiques, ce qu’on appelle les risques NaTech. Pendant longtemps, les autorités ont traité séparément les dangers naturels et technologiques. Les incendies gagnent désormais du terrain vers des départements du nord qui n’y étaient pas préparés. La menace devient double et il faut anticiper les effets en cascade. Repenser l’habitat, c’est aussi protéger les populations qui vivent près de ces sites. Le chantier est immense, mais il n’est plus possible de l’ignorer.

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