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Meta sur le banc des accusés pour avoir attiré les ados dans ses filets

Quatre Etats américains traînent le géant des réseaux sociaux devant un tribunal fédéral. Ils lui reprochent d’avoir caché les dangers de ses plateformes…

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Meta sur le banc des accusés pour avoir attiré les ados dans ses filets

Quatre Etats américains traînent le géant des réseaux sociaux devant un tribunal fédéral. Ils lui reprochent d’avoir caché les dangers de ses plateformes pour la santé mentale des jeunes et réclament près de 193 milliards de dollars.

La scène se passe à Oakland, en Californie. Une procureure adjointe de l’Etat, Megan O’Neill, plante le décor devant les jurés. Meta, la maison mère d’Instagram et de Facebook, aurait délibérément accroché les enfants à ses applications, puis aurait fait semblant d’ignorer les dégâts. Sa formule est cinglante. Selon elle, le modèle économique du groupe tient en quatre temps. Accrocher l’utilisateur, le retenir le plus longtemps possible, récolter ses données, puis cacher la vérité au public.

Ce procès fédéral est une première. Quatre Etats, la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey, mènent la charge. Derrière eux, une trentaine de procureurs généraux poursuivent Meta depuis 2023. Les plaignants demandent une refonte des deux applications phares et des pénalités qui pourraient atteindre 193 milliards de dollars. Concrètement, ils veulent que les réglages les plus stricts soient activés d’office pour les mineurs, sans qu’un adolescent puisse les modifier seul. Temps d’écran, notifications, tout devrait être verrouillé par défaut.

Meta, de son côté, rejette ces accusations. Le groupe, qui revendique des milliards d’utilisateurs, assure que les preuves montreront son engagement de longue date en faveur des jeunes. Mais l’ambiance autour du tribunal est lourde. Des mères sont venues manifester, comme Lori Schott, dont la fille s’est donné la mort à l’adolescence. Elle estime qu’aucune entreprise, aussi puissante soit-elle, ne devrait passer au-dessus de la loi et de la santé des enfants.

Le procès durera jusqu’à la fin septembre. Le jury n’aura qu’un rôle consultatif. C’est la juge Yvonne Gonzalez Rogers qui tranchera. Parmi les témoins annoncés, Mark Zuckerberg, le patron de Meta, et un ancien ingénieur du groupe, Arturo Bejar, devenu une voix importante dans la critique des réseaux sociaux. La juge a d’ailleurs écarté la tentative de Meta de faire exclure son témoignage, y voyant une manœuvre pour écarter un témoin gênant.

L’enjeu dépasse le simple sort de Meta. D’autres plateformes comme TikTok, Snapchat ou YouTube sont également dans le viseur des familles et des collectivités. Ce procès pourrait donner le ton pour tout un secteur. Ce que l’on sait déjà, c’est que Meta savait. Reste à savoir ce que la justice décidera de faire de ce savoir.

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