Faits Divers
Des deepfakes visent trois candidats à la présidentielle, la justice serre la vis
Des contenus truqués ont pris pour cible Edouard Philippe, Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann, tous engagés en faveur de l’Ukraine. Le parquet de Paris…


Des contenus truqués ont pris pour cible Edouard Philippe, Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann, tous engagés en faveur de l’Ukraine. Le parquet de Paris s’est saisi des faits avant même les plaintes.
Des images fabriquées, de fausses vidéos qui ressemblent à des reportages et des unes de journaux inventées. Voilà le menu des opérations de déstabilisation qui ont visé plusieurs prétendants à l’Elysée. Edouard Philippe a été la cible de calomnies sur son état de santé. Raphaël Glucksmann a vu sa compagne, la journaliste Léa Salamé, accusée d’avoir soudoyé des médias pour pousser sa candidature. Gabriel Attal, lui, a été présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson.
Le parquet de Paris ne s’est pas contenté d’attendre les plaintes. Sa section dédiée à la protection des libertés fondamentales s’est emparée de ces trois dossiers de sa propre initiative, avant même la réception des dépôts de plainte. Les vérifications sont en cours, tout comme la qualification juridique des faits. Une source sécuritaire précise que ces opérations sont restées peu visibles. Elles n’en constituent pas moins une première depuis le début de la campagne, pour la simple raison qu’elles ciblent directement des candidats déclarés ou pressentis.
Gabriel Attal, patron de Renaissance et ancien Premier ministre, a déposé plainte le 7 août pour ingérence étrangère en provenance de réseaux russes. Ses avocats ont recensé des deepfakes, de faux reportages vidéo et de fausses unes de journaux. Raphaël Glucksmann a annoncé la sienne le 12 août. Il juge fondamental de ne pas laisser la Russie manipuler une élection existentielle pour le peuple français. Les trois hommes ont un point commun qui les désigne. Leur soutien affiché à l’Ukraine depuis l’invasion de 2022. Dans l’entourage de Gabriel Attal, le lien est évident avec son engagement ukrainien et sa présidence du groupe d’amitié France-Ukraine.
Cette affaire s’invite dans le débat politique. Le gouvernement a présenté fin juillet un projet de loi pour durcir les peines en cas de diffusion de fausses informations, comme l’a rappelé Sébastien Lecornu. Jean-Luc Mélenchon, lui, dénonce une présidentielle ouverte à tous les manipulateurs du monde. D’autres veulent aller encore plus loin. Marine Tondelier propose de suspendre des plateformes comme X pendant la campagne en cas d’ingérence avérée. Une idée qui a valu à la patronne des Ecologistes une sortie violente d’Elon Musk, l’accusant de trahison et réclamant qu’on la fasse taire.
Ce n’est pas la première fois que des ingérences sont suspectées. Par le passé, des candidats de La France insoumise aux municipales avaient déjà été visés, avec des soupçons pointant vers une entreprise israélienne. Cette enquête-là reste ouverte, sans nouvel élément à ce stade. La décision du parquet parisien envoie en tout cas un message clair. Ces manœuvres qui visent à fausser le débat démocratique ne resteront pas sans réponse judiciaire.
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