Politique
Retailleau refuse de hurler avec la meute
Le candidat des Républicains se garde de condamner Jordan Bardella tant que la justice n’a pas tranché sur les messages antisémites qui lui sont…


Le candidat des Républicains se garde de condamner Jordan Bardella tant que la justice n’a pas tranché sur les messages antisémites qui lui sont attribués. Il prévient tout de même que si les faits étaient avérés, ils seraient extrêmement graves.
Bruno Retailleau a choisi de ne pas rejoindre le chœur des indignations. Interrogé par la presse à La Roche-sur-Foron, en Haute-Savoie, où il participait au congrès des sapeurs-pompiers, le candidat des Républicains à la présidentielle a expliqué sa méthode. « Je ne hurle jamais avec la meute. J’attends de laisser les choses se décanter pour voir où est vraiment la vérité », a-t-il lancé, après la publication de captures d’écran de messages antisémites que Jordan Bardella aurait envoyés en 2013.
Le président de LR veut donc laisser la justice faire son travail avant de se prononcer. « Nous verrons si les preuves qui sont apportées sont des preuves robustes », a-t-il ajouté. Une prudence qui tranche avec le silence de la plupart des dirigeants de son parti, restés muets depuis les premières révélations sur ce rival dont la formation a capté une partie de l’électorat de droite ces dernières années. Pour Retailleau, qui plafonne entre 7 et 10 % dans les sondages, l’exercice consiste aussi à ne pas se brûler les ailes.
Il n’en pose pas moins une limite claire. Si le président du Rassemblement national a réellement tenu ces propos, ce serait « extrêmement grave ». « Ces propos sont absolument effrayants, accablants », a-t-il insisté, en rappelant qu’il s’agit selon lui d’« une des lignes rouges » fondamentales, y compris dans le sens qu’il donne à son engagement politique. Le calendrier n’est pas anodin. La semaine prochaine, Bruno Retailleau se rend en Israël pour les commémorations des attaques du 7 octobre 2023, un déplacement qui rend sa prise de parole d’autant plus attendue.
De son côté, Jordan Bardella ne démord pas. Le patron du RN conteste depuis le début de la semaine la véracité de ces messages envoyés sur la plateforme Messenger en 2013. Sur X, il a dénoncé « des montages grossiers, d’obscures captures d’écran manipulables », assurant qu’il n’a « évidemment jamais tenu » ces propos qu’il qualifie d’« ignobles ». Entre les deux camps, la bataille se joue désormais sur un terrain simple. Qui parviendra à convaincre que les preuves tiennent, ou qu’elles ne tiennent pas.
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