Faits Divers
Imran Khan transféré à l’hôpital sur ordre de la Cour suprême
L’ancien Premier ministre pakistanais, détenu depuis 2023, va être examiné à Islamabad dans les prochains jours. Son parti salue une avancée et appelle au…


L’ancien Premier ministre pakistanais, détenu depuis 2023, va être examiné à Islamabad dans les prochains jours. Son parti salue une avancée et appelle au calme.
La Cour suprême du Pakistan vient de rendre une décision qui va soulager l’entourage d’Imran Khan. L’ancien Premier ministre, âgé de 73 ans et emprisonné depuis 2023, doit être conduit dans les deux prochains jours à l’hôpital Shifa International d’Islamabad. Le juge Shahid Waheed a répondu favorablement à la requête de ses avocats, qui alertaient sur une dégradation de son état de santé. Des examens médicaux sont prévus, même si aucun détail sur les problèmes actuels du détenu n’a été communiqué.
Cela faisait des mois que la famille de l’ex-dirigeant tirait la sonnette d’alarme. Sa vision de l’œil droit est presque entièrement perdue, affirment ses proches, malgré un traitement ophtalmologique reçu plus tôt dans l’année. Le parti d’Imran Khan, le Pakistan Tehreek-e-Insaf, voit dans cette hospitalisation une étape majeure. Son secrétaire général Salman Akram Raja a toutefois demandé aux sympathisants de ne pas se rassembler à proximité de l’établissement et de respecter l’accord conclu avec le tribunal.
La bataille judiciaire d’Imran Khan reste plus que jamais au cœur de la vie politique pakistanaise. Condamné avec son épouse Bushra Bibi à 17 ans de prison pour corruption, un verdict qu’ils contestent tous les deux, il doit faire face à près de 200 affaires, allant de la violence aux accusations de mariage illégal. Ses partisans dénoncent des poursuites motivées par la politique. En juillet 2024, un panel d’experts de l’ONU a jugé cette détention arbitraire et réclamé sa libération immédiate. Son arrestation en mai 2023 avait déjà déclenché des manifestations de grande ampleur, parfois émaillées de violences, et des centaines d’arrestations.
Homme de tous les contrastes, Imran Khan a marqué l’histoire du Pakistan avant même d’entrer en politique. Capitaine de l’équipe nationale de cricket, il a offert au pays son unique titre mondial en 1992. Issu d’une famille fortunée de Lahore, il a longtemps cultivé une réputation de play-boy avant d’embrasser un conservatisme religieux qui a séduit la population. Arrivé au pouvoir en 2018 avec la promesse d’un État-providence islamique et d’un Nouveau Pakistan, il a incarné l’espoir d’en finir avec les dynasties politiques traditionnelles. Mais l’inflation galopante, la chute de la roupie, l’endettement et la dégradation de la sécurité ont fragilisé son mandat. Sa rhétorique revancharde et ses penchants conspirationnistes ont achevé de diviser le pays. Évincé en 2022 par une motion de défiance après une crise ouverte avec la hiérarchie militaire, il poursuit aujourd’hui son combat depuis une cellule de prison.
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