Europe
Le séminaire orthodoxe de Halki sur le point de renaître après un demi-siècle
Fermé depuis 1971 sur une île près d’Istanbul, ce haut lieu de la théologie orthodoxe pourrait rouvrir grâce à une impulsion politique inattendue. Donald…


Fermé depuis 1971 sur une île près d’Istanbul, ce haut lieu de la théologie orthodoxe pourrait rouvrir grâce à une impulsion politique inattendue. Donald Trump et Recep Tayyip Erdogan ont relancé le dossier, et les travaux de rénovation sont déjà bien avancés.
Sur l’île d’Heybeliada, à une courte traversée de la mégapole stambouliote, un bâtiment historique sort peu à peu de son long sommeil. Le séminaire de Halki, ouvert au milieu du XIXe siècle, fut pendant plus de cent ans la principale école de théologie de l’Église orthodoxe orientale. Patriarches, évêques et universitaires de renom y ont étudié. Mais en 1971, une décision de la Cour constitutionnelle turque a imposé de placer tous les établissements d’enseignement supérieur sous contrôle de l’État ou d’universités publiques. Le séminaire, institution privée, a dû fermer ses portes. Depuis, les appels à sa réouverture se sont multipliés sans jamais aboutir. Jusqu’à aujourd’hui.
Le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier, ancien élève des lieux, n’a cessé de plaider leur cause. Mais les résistances politiques et juridiques ont bloqué toute avancée pendant des décennies. Le vent a commencé à tourner en septembre dernier, quand Donald Trump a reçu Recep Tayyip Erdogan à la Maison Blanche. Le président américain a remis la question sur la table, comme Barack Obama l’avait fait en 2009. Depuis, les discussions s’enchaînent. Selon un responsable orthodoxe, le climat est aujourd’hui très positif. Erdogan lui-même aurait donné des consignes claires pour qu’une solution soit trouvée, sans calendrier précis mais avec une demande de ne pas traîner. Les travaux de rénovation, déjà engagés, devraient s’achever d’ici septembre.
Derrière cette réouverture, il y a un enjeu symbolique fort pour la communauté orthodoxe. Istanbul, ancienne Constantinople, était le cœur de l’orthodoxie avant la conquête ottomane de 1453. Rouvrir le séminaire, c’est aussi reconnaître la place de cette tradition en Turquie. L’évêque Aravissu Kassianos Nikolar insiste : l’école n’a jamais été une menace pour l’État turc. Elle se conformera à la législation universitaire et restera sous le contrôle du Conseil de l’enseignement supérieur. Il souligne aussi que l’institution a toujours favorisé le dialogue entre les religions. Pour lui, cette école est importante pour Trump, pour Erdogan, et pour beaucoup d’autres. L’avoir gardée fermée si longtemps, dit-il, est une perte majeure. Aujourd’hui, de nombreux étudiants attendent déjà d’y entrer.
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