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Un petit pays qui a tiré la sonnette d’alarme avant tout le monde

Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la Lituanie a fait de la sécurité son obsession. Son armée, son budget, sa stratégie : tout a changé.

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Un petit pays qui a tiré la sonnette d’alarme avant tout le monde

Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la Lituanie a fait de la sécurité son obsession. Son armée, son budget, sa stratégie : tout a changé.

La guerre déclenchée par la Russie n’a pas seulement secoué l’Europe. Pour la Lituanie, elle a été un électrochoc immédiat. Ce pays balte, frontalier de l’enclave russe de Kaliningrad et du Bélarus, a basculé en mode urgence dès les premiers missiles sur Kiev. Réarmer vite, protéger chaque centimètre de territoire, ne plus perdre une seconde. Voilà le nouveau credo de Vilnius.

Concrètement, la Lituanie a multiplié les investissements militaires. Le budget défense est passé de 2% du PIB à 2,5%, puis à plus de 3% en 2024. L’objectif est simple : atteindre 4% d’ici 2026. Cela signifie des chars, des drones, des munitions, mais aussi des abris antiaériens dans les écoles et des exercices militaires réguliers pour les civils. La conscription a été renforcée. Chaque citoyen doit savoir quoi faire en cas d’attaque. L’armée lituanienne, autrefois modeste, s’est transformée en une force qui compte.

Mais ce n’est pas qu’une question de chiffres. Ce virage traduit une peur profonde et une détermination farouche. Les Lituaniens ont connu l’occupation soviétique. Ils savent ce que perdre sa souveraineté signifie. La guerre en Ukraine leur a rappelé que la menace n’est pas un scénario de film. Aujourd’hui, le pays est l’un des plus fervents soutiens de Kiev en armes et en aides humanitaires. Et sur son propre sol, il accueille des troupes de l’Otan en permanence.

Cette frénésie sécuritaire a un prix. L’économie lituanienne, dopée par la tech et la logistique, doit encaisser des dépenses record. Le débat public, lui, a basculé : on parle moins de retraites ou d’éducation que de défense antiaérienne et de bunkers. Pour beaucoup, c’est le prix à payer pour ne pas revivre 1940. Pour d’autres, c’est une course qui peut vider les caisses. Mais dans les rues de Vilnius, les pancartes en soutien à l’Ukraine côtoient les affiches pour l’entraînement militaire. La Lituanie a choisi son camp. Et elle ne compte pas baisser la garde.

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