Société
L’ex-patron du CNC relaxé en appel après six ans de procédure
La cour d’appel de Versailles a blanchi Dominique Boutonnat, jugé pour agression sexuelle sur son filleul. Les juges ont estimé que sa culpabilité n’était…


La cour d’appel de Versailles a blanchi Dominique Boutonnat, jugé pour agression sexuelle sur son filleul. Les juges ont estimé que sa culpabilité n’était pas établie, pointant des contradictions dans les déclarations de la victime.
Pendant des années, Dominique Boutonnat a été l’homme le plus puissant du cinéma français. À la tête du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), il gérait des milliards d’euros et veillait notamment à la prévention des violences sexuelles dans le milieu. Mais en août 2020, lors de vacances en Grèce, son filleul de 21 ans l’accuse de gestes déplacés. L’affaire a entraîné sa chute. Condamné en première instance à un an de prison ferme, il a démissionné en juin 2024. Aujourd’hui, la justice le relaxe.
Les faits remontent à une nuit d’été dans la maison de campagne de Dominique Boutonnat en Grèce. Le jeune homme raconte qu’après s’être baigné nu avec son parrain, ce dernier a tenté de le masturber dans son lit. Il affirme avoir ensuite masturbé Boutonnat pour le faire cesser. Le lendemain, Boutonnat serait entré dans la salle de bain de son filleul pour l’embrasser. Mais l’ex-patron du CNC a toujours nié toute contrainte. Il reconnaît des baisers, des photos nues, mais assure que tout était consenti. Il dit avoir voulu lever une ambiguïté. La cour d’appel a jugé que les versions du plaignant manquaient de cohérence et que la culpabilité n’était pas établie.
La décision a été saluée par la défense, qui parle d’une « innocence » enfin reconnue après six ans de procédure. L’avocate de la victime n’a pas souhaité réagir. Dominique Boutonnat, lui, était présent au délibéré, veste noire et chemise bleue. Il avait déjà dit mieux comprendre la « souffrance réelle » de son filleul, tout en maintenant sa version. Reste que cette affaire a durablement marqué le monde du cinéma français, où la question des violences sexuelles reste brûlante. Le parquet avait requis trois ans de prison dont un ferme, mais la cour en a décidé autrement.
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