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Un an sans eau potable, le quotidien bousculé de 2600 habitants

Dans une dizaine de villages des Ardennes et de la Meuse, l’eau du robinet est toujours contaminée aux PFAS. Les riverains vivent entre bouteilles…

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Un an sans eau potable, le quotidien bousculé de 2600 habitants

Dans une dizaine de villages des Ardennes et de la Meuse, l’eau du robinet est toujours contaminée aux PFAS. Les riverains vivent entre bouteilles, factures qui flambent et lassitude face à l’attente des solutions.

Quand l’interdiction est tombée l’été dernier, ça a été un coup de massue. Du jour au lendemain, plus question de boire ou de cuisiner avec l’eau courante. Les taux de polluants éternels, les PFAS, étaient trop élevés au niveau des captages. Un an plus tard, 2600 personnes sont encore concernées. Dans sept communes, des filtres à charbon ont permis un retour à la normale en avril. Mais pour les autres, rien n’a changé.

Au quotidien, c’est toute une organisation. Une habitante raconte qu’avec six personnes chez elle, il faut sept bidons de cinq litres tous les trois jours. Acheter des packs, stocker, cuisiner avec de l’eau en bouteille, laver les légumes aussi. Et tout ça a un coût. Dans certains villages, la facture d’eau a même augmenté alors que l’eau n’est pas potable. Les mairies doivent en plus fournir deux litres par habitant et par jour, à leurs frais. Les analyses pour suivre la contamination sont aussi sur leur budget.

Pour les communes les plus touchées, le problème est technique : le captage est si pollué qu’un simple filtre à charbon ne suffit pas. La solution c’est de se raccorder à un autre réseau, situé à une quinzaine de kilomètres. Mais les travaux ne seront pas finis avant fin 2027 ou début 2028. Ils vont coûter très cher. En attendant, les habitants continuent à acheter de l’eau en bouteille, ce qui ajoute du plastique à la pollution. La lassitude monte, certains parlent de routine forcée.

Parallèlement, des habitants et des collectivités ont porté plainte pour faire payer les pollueurs. Une suspicion pèse sur l’épandage de boues contaminées venant d’une ancienne papeterie. Les autorités ont interdit ces épandages près des captages, mais les sols sont touchés. Des maraîchers ont dû arrêter leur activité en janvier parce que leurs légumes étaient contaminés, sans avoir reçu d’indemnisation. La question dépasse l’eau du robinet. C’est toute la chaîne alimentaire qui est en jeu.

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