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Ils veulent savoir ce que leur sang contient après des années d eau polluée aux PFAS

Dans la Meuse et les Ardennes, l eau du robinet est interdite à la consommation depuis un an à cause des polluants éternels. Les habitants réclament…

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Ils veulent savoir ce que leur sang contient après des années d eau polluée aux PFAS

Dans la Meuse et les Ardennes, l eau du robinet est interdite à la consommation depuis un an à cause des polluants éternels. Les habitants réclament aujourd hui des analyses sanguines gratuites, comme en Belgique.

Depuis un an, environ deux mille personnes vivant dans plusieurs villages de la Meuse et des Ardennes ne peuvent plus boire l eau du robinet. Les captages qui alimentent leurs foyers sont contaminés par des PFAS, ces substances chimiques quasi indestructibles qui s accumulent dans l environnement et dans le corps humain. La cause la plus probable est l épandage de boues polluées provenant d une papeterie voisine fermée en 2024. Mais les habitants, qui ont bu cette eau pendant des années, se demandent aujourd hui quel est l impact sur leur santé. Certains témoignent de cancers, d opérations rénales chez leurs enfants. Sans certitude scientifique, ils veulent au moins pouvoir mesurer leur taux d imprégnation.

À Chièvres, en Belgique, les autorités ont réagi rapidement. Une campagne de dépistage gratuit a été lancée début 2024, avec une unité mobile qui a proposé des tests sanguins à six mille volontaires. De l autre côté de la frontière, rien de tel. Les autorités sanitaires françaises ne recommandent pas ces dosages, jugeant leur interprétation clinique trop limitée. Résultat ceux qui veulent savoir doivent payer de leur poche environ 68 euros par analyse. Certains habitants et élus ont déjà franchi le pas. Leurs résultats montrent des taux de PFAS six à quinze fois supérieurs au seuil à partir duquel un suivi médical est conseillé aux États-Unis. Mais en France, aucun suivi n est prévu.

Un collectif de quatre cents habitants et six communes a saisi la justice pour obtenir une étude épidémiologique. Leur requête a été rejetée en juin. Les experts expliquent que la tâche est complexe car il existe plus de onze mille substances PFAS différentes. Chaque personne est exposée à un cocktail unique, ce qui rend difficile d établir un lien direct avec des maladies. Pourtant, des familles se disent désemparées. Une mère de famille belge installée dans les Ardennes a fait tester ses quatre enfants. Sa fille de neuf ans affiche un taux de 300 microgrammes de PFAS par litre de sang. Aucun médecin en France ne peut lui proposer un suivi spécifique. Elle regrette amèrement d avoir traversé la frontière.

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