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Turquie l’inflation recule un peu mais le quotidien reste insupportable

L’inflation officielle en Turquie est passée de 32,6% à 32,1% sur un an en juin. Mais derrière cette légère baisse, les prix de l’éducation et du logement…

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Turquie l'inflation recule un peu mais le quotidien reste insupportable

L’inflation officielle en Turquie est passée de 32,6% à 32,1% sur un an en juin. Mais derrière cette légère baisse, les prix de l’éducation et du logement continuent de s’envoler, et la fiabilité des chiffres est vivement contestée.

Sur le papier, la tendance semble positive. L’inflation turque a ralenti pour le deuxième mois consécutif, passant de 75% en mai 2024 à 32,1% en juin de cette année. C’est une baisse notable sur un an. Mais regarder uniquement la moyenne cache une réalité plus dure pour les ménages. L’éducation a bondi de 46,1%, le logement (qui inclut les factures d’énergie) de 45,1%, l’alimentation de 35,4% et la santé de 33,6% sur un an. En un mois, les prix ont augmenté de 0,99% en juin, contre 1,7% en mai. La vie quotidienne reste donc très lourde, surtout pour les familles et les retraités.

Ces chiffres officiels sont pourtant loin de faire l’unanimité. Le groupe de recherche indépendant ENAG, qui suit l’inflation de près, estime que la hausse réelle des prix à la consommation atteint 51,4% sur l’année. Soit près de 20 points de plus que les données de l’institut statistique turc. L’opposition politique ne mâche pas ses mots. Le député du parti prokurde DEM, Sezai Temelli, accuse directement l’institut de manipuler les taux. Selon lui, le seul but est de limiter la revalorisation des salaires des fonctionnaires et des retraités, qui est calculée sur la base de l’inflation sur six mois. Une accusation grave qui alimente la défiance des citoyens.

Le contexte est lourd. Depuis décembre 2021, l’inflation turque dépasse les 30% sur un an. Elle avait même explosé à plus de 75% en mai 2024 avant d’amorcer une décrue. Mais cette baisse reste fragile et inégale. Les secteurs essentiels comme le logement et l’alimentation continuent de peser lourd. Pour les Turcs, chaque fin de mois est un casse-tête. Et tant que les méthodes de calcul officielles seront contestées, la confiance dans l’économie du pays restera en berne.

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