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Législatives en Algérie le taux de participation plonge vers du jamais vu
Moins d un électeur sur cinq s est déplacé pour voter. Un score qui interroge sur la légitimité du scrutin et l avenir politique du pays.


Moins d un électeur sur cinq s est déplacé pour voter. Un score qui interroge sur la légitimité du scrutin et l avenir politique du pays.
Jeudi 2 juillet, les Algériens étaient appelés aux urnes pour élire leurs députés. Mais dans les bureaux de vote, le vide prédominait. Selon les chiffres provisoires annoncés tard dans la soirée par l autorité électorale, seulement 20,79% des inscrits ont voté. Si ce taux se confirme, il s agirait du plus bas jamais enregistré dans l histoire du pays. Un record d abstention qui fait écho à celui de 2021, où 23% des électeurs s étaient déplacés. La participation a été le grand absent de cette journée. Le président par intérim de l Anie a prévenu que ces chiffres étaient encore provisoires et allaient évoluer. Mais difficile d ignorer le désintérêt massif des citoyens.
Cette désaffection n est pas un hasard. Le scrutin s inscrit dans un contexte politique très particulier. Depuis 2019 et le mouvement de contestation populaire du Hirak, les Algériens ont vu la répression s intensifier et les figures de l opposition être emprisonnées. Les revendications de changement politique et de lutte contre la corruption portées par le Hirak sont restées lettre morte. Résultat, la défiance envers les institutions s est installée. Les formations proches du pouvoir, comme le Front de libération nationale, devraient largement dominer la nouvelle Assemblée. Mais cette victoire annoncée pèse peu face à l absence des électeurs. Dans le centre d Alger, les bureaux de vote étaient quasi déserts l après midi. Seuls quelques agents électoraux et une poignée de retraités, comme Djammel Bouakkaz 74 ans, sont venus accomplir leur devoir en espérant un avenir meilleur.
Au delà de l abstention, le scrutin a été marqué par une polémique de taille. Environ un tiers des listes candidates ont été invalidées, ce qui a poussé plusieurs partis à dénoncer leur exclusion de certaines circonscriptions, notamment dans la capitale. Un mauvais signe pour la transparence du processus. Le président Abdelmadjid Tebboune a pour sa part jugé que les législatives se déroulaient dans de bonnes conditions. Mais les attentes sociales et économiques restent gigantesques, surtout chez les jeunes. Le mouvement du Hirak avait mis ces questions au centre du débat. Aujourd hui, les ONG de défense des droits humains dénoncent le retour du contrôle de l espace public et l étouffement de toute contestation. Le pays tourne une page, mais avec un taux de participation aussi bas, la légitimité de la future Assemblée interroge.
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