Société
Pour une génération sans tabac l’Assurance maladie veut interdire les cigarettes aux ados d’aujourd’hui
L’idée est simple et radicale empêcher les jeunes nés après 2009 d’acheter du tabac pour que la cigarette disparaisse avec eux. Un plan qui s’inspire du…


L’idée est simple et radicale empêcher les jeunes nés après 2009 d’acheter du tabac pour que la cigarette disparaisse avec eux. Un plan qui s’inspire du Royaume-Uni et qui pourrait rapporter gros sur le plan sanitaire et financier.
L’Assurance maladie sort l’artillerie lourde dans son rapport annuel. Son directeur général Thomas Fatôme le dit tout net la France n’a pas de raison d’être moins ambitieuse que ses voisins. Le Royaume-Uni vient d’ailleurs de voter une loi similaire. L’objectif est clair faire émerger une génération sans tabac en coupant l’accès au produit à la source. Pas question d’interdire aux fumeurs actuels mais de bloquer les nouvelles recrues. Aujourd’hui malgré les paquets neutres les prix qui grimpent et les campagnes de prévention la France reste mauvaise élève en Europe.
Mais le tabac n’est pas le seul ennemi dans le viseur. L’Assurance maladie veut aussi rendre le Nutri-Score obligatoire sur tous les produits emballés et ajouter une mention sur les aliments ultratransformés. Objectif aider les consommateurs à faire des choix plus sains sans se perdre dans les étiquettes. Samira Lehaine, présidente du conseil de la Cnam, parle de la prévention comme de la bataille de la décennie. Selon elle c’est un bon investissement qui peut rapporter gros à la collectivité.
Côté sécurité, un geste simple pourrait devenir obligatoire le port du casque à vélo et sur les engins motorisés pour les plus de 12 ans. Les accidents de trajet explosent ils ont augmenté de 7,6% en 2024 et ont doublé depuis 2017. Une mesure qui semble évidente mais qui reste encore facultative. Autre priorité vacciner massivement les plus de 65 ans contre les pneumocoques. Aujourd’hui seulement 18,7% d’entre eux sont protégés alors que les infections coûtent entre 2,7 et 3,4 milliards d’euros par an.
Le tout s’inscrit dans une urgence budgétaire. Le déficit de l’Assurance maladie est prévu à 13,8 milliards d’euros en 2026 et pourrait atteindre 17 milliards en 2029. Pour tenir le cap, l’organisme propose des économies ciblées comme réduire les prescriptions de certains médicaments très coûteux tel le Vyndaqel pour l’amylose cardiaque. Ou encore pratiquer une désescalade thérapeutique en oncologie sans perdre en efficacité. Au total l’objectif est de dégager 3,9 milliards d’euros d’économies par an d’ici 2030. Un virage préventif qui se veut ambitieux mais qui devra convaincre les députés lors des débats budgétaires de l’automne.
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