Politique
L’épidémie d’Ebola s’étend en RDC et dépasse les 400 morts
Le virus Ebola progresse en République démocratique du Congo. Dernier cap : plus de 400 décès et un cas détecté à 600 kilomètres du foyer principal.


Le virus Ebola progresse en République démocratique du Congo. Dernier cap : plus de 400 décès et un cas détecté à 600 kilomètres du foyer principal.
Le bilan devient lourd. Selon les autorités sanitaires, 438 personnes sont mortes et 1 406 cas ont été recensés depuis le début de cette nouvelle épidémie, déclarée officiellement mi-mai. Le taux de mortalité atteint 31,2 %. Ce que beaucoup redoutent se confirme : le virus ne reste pas confiné. Un cas positif a été identifié à Kisangani, une ville de 1,5 million d’habitants située dans le nord-est du pays. La femme décédée, enceinte de six mois, avait été transportée clandestinement depuis la zone de Nia Nia, en Ituri. Sa dépouille très contagieuse a voyagé sur près de 350 kilomètres. Les rites funéraires sont souvent à l’origine de nouvelles contaminations.
Sur le terrain, la tâche des soignants est semée d’embûches. La défiance des populations est un frein majeur. Certains habitants nient l’existence de la maladie, d’autres accusent les organisations humanitaires de faire du business avec Ebola. Mercredi, un centre de santé spécialisé dans la zone de Nia Nia a été incendié par un groupe de jeunes. Sept patients suspects qui y étaient isolés ont pris la fuite. Deux corps de personnes probablement mortes du virus ont été arrachés à l’équipe médicale. Les manifestants ont manipulé les dépouilles sans aucune protection. « C’est un risque majeur de propagation », a alerté un médecin local. Un policier a été lynché à mort lors de ces affrontements.
Les structures de soins sont sous tension. Les centres de traitement affichent un taux d’occupation de 138 %, bien au-dessus de leur capacité. Les équipes manquent encore de kits de protection, de chlore et d’équipements de base. Cette épidémie est causée par le virus Bundibugyo, pour lequel il n’existe ni vaccin ni traitement. Des essais cliniques sont en préparation, mais le temps presse. Alors que le foyer principal reste l’Ituri, des cas importés apparaissent dans d’autres provinces comme le Haut-Uélé et la Tshopo. Les autorités sanitaires refusent encore de qualifier ces provinces de touchées, parlant de « cas importés ». Pourtant, plusieurs personnes contacts ont été identifiées et transférées. La propagation est bien réelle, et la méfiance des communautés complique encore la riposte.
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