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Des militants ont tagué le Sénat pour dénoncer une loi qui « brade » l’environnement

Une vingtaine de membres d’ONG ont manifesté ce jeudi devant le Sénat pour protester contre le projet de loi d’urgence agricole. Au cœur de leur colère…

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Des militants ont tagué le Sénat pour dénoncer une loi qui "brade" l'environnement

Une vingtaine de membres d’ONG ont manifesté ce jeudi devant le Sénat pour protester contre le projet de loi d’urgence agricole. Au cœur de leur colère, la réintroduction de pesticides interdits et des assouplissements sur l’eau jugés dangereux.

Tôt ce jeudi, une vingtaine de militants d’Action Justice Climat ont tenté de repeindre une palissade proche du Sénat, où le texte était examiné. Ils ont tagué des slogans comme « Duplomb non c’est non » ou « Nourrir pas détruire », avant que des agents de sécurité n’interviennent pour effacer les inscriptions et retirer les collages. L’opération a duré quelques minutes, mais le message était lancé.

Ce qui met le feu aux poudres, c’est la réintroduction par dérogation de deux pesticides interdits en France, l’acétamipride et le flupyradifurone. Autorisés ailleurs en Europe, ces produits sont particulièrement toxiques pour les abeilles, indispensables à la pollinisation de nombreuses cultures. L’an dernier, une mesure similaire avait déclenché une pétition de deux millions de citoyens, avant d’être censurée par le Conseil constitutionnel. Pour Julien Rivoire, chargé de campagne chez Greenpeace, c’est un « véritable bras d’honneur » à la mobilisation citoyenne. « Quand c’est non, c’est non », insiste-t-il.

Le projet de loi ne se limite pas aux pesticides. Les sénateurs ont aussi voté des assouplissements dans la gestion de l’eau, au profit des agriculteurs, ce qui suscite l’inquiétude jusqu’au Medef. L’organisation patronale craint « un accaparement sans contrepartie et sans limite » de cette ressource par l’agriculture. Même la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s’est dite en colère. Les collectivités locales, chargées de fournir une eau de qualité aux Français, dénoncent un texte qui « met en danger l’accès à l’eau » et appellent à une mobilisation dans les prochains jours pour éviter son adoption.

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