Société
Et si la bière du barbecue laissait place à une boisson au THC ?
Aux États‑Unis, les boissons infusées au cannabis gagnent du terrain dans les frigos des Américains, y compris lors des fêtes traditionnelles. Mais cette…


Aux États‑Unis, les boissons infusées au cannabis gagnent du terrain dans les frigos des Américains, y compris lors des fêtes traditionnelles. Mais cette tendance pourrait faire long feu : une loi votée fin 2025 menace d’anéantir le secteur.
Dans une maison de Caroline du Nord, Cecilia Pfaff reçoit ses invités pour un brunch. Sur la table, il y a de la bière, du vin, des mimosas et une grande bouteille en verre. Pas d’alcool à l’intérieur, mais 170 mg de THC, soit l’équivalent de 10 mg par verre. La boisson, achetée au supermarché, affiche fièrement son origine : « à base de chanvre, forte dose ». Autour d’elle, les convives se servent sans complexe. Pat Clougherty, représentant pharmaceutique, explique que ce breuvage a remplacé son verre de vin ou sa bière du soir. Le principal avantage : pas de gueule de bois le lendemain. « On en ressent moins les effets au réveil », dit‑il.
Le phénomène n’est pas isolé. En 2025, seuls 54 % des Américains interrogés par Gallup déclaraient consommer de l’alcool, le taux le plus bas depuis 1939. Pendant ce temps, les boissons au THC explosent. Le cabinet Euromonitor estime leurs ventes à 238 millions de dollars en 2023, 720 millions en 2025, et prévoit plus d’un milliard en 2026. Trent Mooring, ancien brasseur artisanal, a lancé sa marque « Kaya » en 2024. Il raconte que ses ventes ont triplé en un an, surtout depuis qu’un supermarché distributeur a accepté ses produits. Pour lui, la demande est claire : les gens veulent une alternative à l’alcool, sans les inconvénients du lendemain.
Mais la fête risque de s’arrêter net. La marijuana reste illégale au niveau fédéral, mais les dérivés du chanvre, riches en THC, sont autorisés depuis 2018. Cela a permis l’essor des boissons, confiseries et cigarettes électroniques au THC. Sauf que fin 2025, le Congrès a serré la vis. À partir du 12 novembre 2026, tout produit ne devra pas contenir plus de 0,4 mg de THC par contenant. Un seuil ridicule comparé aux 5 ou 10 mg des boissons grand public. Trent Mooring est amer : « Cela va anéantir le secteur ». Il milite pour que la loi reste en l’état, ou au moins que le THC soit régulé comme l’alcool. « Ils doivent trouver une solution », conclut‑il. En attendant, les barbecues du 4 juillet 2026 pourraient bien être les derniers à voir ces boissons trôner sur les tables.
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