Économie
Le fabricant de chars franco-allemand KNDS remballe son projet de Bourse
L’entreprise derrière les canons Caesar et le futur char MGCS devait réaliser l’une des plus grosses introductions en Bourse en Europe. Mais la volatilité…


L’entreprise derrière les canons Caesar et le futur char MGCS devait réaliser l’une des plus grosses introductions en Bourse en Europe. Mais la volatilité du secteur de la défense a eu raison de ses ambitions.
Derrière le nom KNDS se cache un géant de l’armement terrestre en Europe. Né en 2015 du mariage entre le français Nexter, alors détenu par l’État, et l’allemand KMW, propriété de la famille Bode-Wegmann, le groupe fournit des canons Caesar très utilisés en Ukraine, des chars, des véhicules blindés et des ponts mobiles. Il est aussi au cœur du projet du char du futur MGCS, une coopération franco-allemande cruciale pour la défense européenne.
L’ambition était claire : entrer en Bourse simultanément à Paris et Francfort pour lever des fonds et accélérer son développement. Avec une valorisation espérée entre 15 et 18 milliards d’euros, l’opération devait être l’une des plus marquantes en Europe ces dernières années. Mais mercredi soir, le groupe a annoncé tout stopper. Dans un communiqué, KNDS explique attendre un retour à des conditions de marché plus favorables, pointant la volatilité du secteur européen de la défense. L’entreprise ne prévoyait de céder que 20 % de son capital. Les discussions avec les investisseurs étaient pourtant bien avancées, et certains partageaient la vision du groupe, selon ses propres mots.
Ce report intervient dans un contexte compliqué pour l’industrie de la défense en Europe. Le géant allemand Rheinmetall a vu son action chuter de près de 20 % après l’abandon d’un projet d’achat de frégates par le gouvernement allemand, dont le coût avait dérapé de 5,5 à près de 14 milliards d’euros. Selon le Financial Times, KNDS peinait déjà à convaincre les investisseurs d’accepter un prix d’introduction qui aurait valorisé le groupe à plus de 12 milliards d’euros. Résultat : le groupe reste aux mains de ses actionnaires historiques, qui disent vouloir « surveiller de près les conditions de marché » avant de relancer l’opération.
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