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La promesse de renaturer chaque hectare construit d’ici 2050 est-elle déjà en train de s’effriter ?

La France s’était fixé un cap ambitieux pour stopper la bétonisation des sols. Mais entre le vote de la loi et aujourd’hui, plusieurs exceptions sont…

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La promesse de renaturer chaque hectare construit d'ici 2050 est-elle déjà en train de s'effriter ?

La France s’était fixé un cap ambitieux pour stopper la bétonisation des sols. Mais entre le vote de la loi et aujourd’hui, plusieurs exceptions sont venues fragiliser l’objectif.

L’idée sur le papier était simple et radicale. En 2021, le législateur a inscrit dans la loi Climat et résilience un principe baptisé « zéro artificialisation nette », ou ZAN. Concrètement, cela signifie que d’ici 2050, chaque nouveau mètre carré de terrain artificialisé bâtiments, routes, parkings devra être compensé par la renaturation d’une surface équivalente quelque part ailleurs. Un équilibre comptable qui visait à stopper net l’étalement urbain et la disparition des terres agricoles et naturelles.

L’enjeu est colossal. En France, l’artificialisation des sols progresse à un rythme équivalent à la disparition d’un département tous les dix ans. Les conséquences sont multiples : perte de biodiversité, aggravation des inondations, réchauffement local, et baisse de la capacité des sols à stocker du carbone. Avec le ZAN, la loi voulait inverser la tendance en obligeant les collectivités à repenser leur urbanisme. Un chantier vertueux mais extrêmement contraignant pour les communes et les promoteurs.

Sauf que depuis son adoption, le couteau a déjà été affûté de plusieurs côtés. Sous la pression des élus locaux et du secteur du bâtiment, des assouplissements ont été introduits. Des dérogations pour les grands projets d’infrastructure, des reports de délais, ou encore une prise en compte plus souple des surfaces déjà artificialisées. Résultat : le cap du ZAN reste inscrit dans la loi, mais la route pour y parvenir est de plus en plus sinueuse. La question est désormais de savoir si l’objectif tiendra jusqu’en 2050, ou s’il finira par être vidé de sa substance.

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