Politique
Venezuela sous les décombres, la faim et les épidémies guettent les rescapés
Une semaine après le double séisme le plus meurtrier depuis un siècle, le Venezuela compte près de 2000 morts et 50 000 disparus. Mais l’urgence se…


Une semaine après le double séisme le plus meurtrier depuis un siècle, le Venezuela compte près de 2000 morts et 50 000 disparus. Mais l’urgence se déplace désormais vers la survie quotidienne, alors que la nourriture vient à manquer et que les maladies menacent de se propager.
Les secousses du 24 juin ont rasé des quartiers entiers, en particulier dans l’État de La Guaira, au nord du pays. Selon les images satellites de la Nasa, près de 59 000 bâtiments ont été endommagés ou détruits. Les opérations de recherche se poursuivent, mais chaque heure qui passe réduit les chances de retrouver des survivants. Des équipes de secours internationales, comme le groupe espagnol USAR 13, déplorent être arrivées tard sur place, entravées par les restrictions d’accès imposées par le gouvernement. Seuls les bénévoles munis d’un laissez-passer peuvent entrer dans la zone sinistrée. Pourtant, plus de 6400 personnes ont déjà été secourues, et plus de 10 500 sont blessées.
Sur place, la situation humanitaire se dégrade rapidement. Les pénuries alimentaires sont généralisées et les services de base se sont effondrés. Les témoignages des rescapés sont glaçants. Une vendeuse déplacée raconte que les soldats se servaient d’abord dans les centres de distribution, ne laissant que des restes aux habitants. Une autre survivante, âgée de 18 ans, décrit des scènes de violence : les gens s’entretuent pour un peu de nourriture, comme dans un combat de coqs. Le Programme alimentaire mondial a lancé un appel de 50 millions de dollars pour nourrir 500 000 personnes pendant trois mois. Mais l’aide tarde à arriver, et beaucoup se tournent vers les étrangers et les bénévoles, estimant l’organisation officielle défaillante.
Au-delà de la faim, une autre menace plane : les épidémies. L’Organisation mondiale de la santé craint des flambées de maladies évitables comme la rougeole, la diphtérie et la coqueluche. Les réseaux d’eau et d’assainissement sont en partie détruits, les hôpitaux endommagés (38 au total, dont trois en état critique), et les déplacements de population favorisent la contagion. Le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU estime ses besoins à 15 millions de dollars pour abriter temporairement 30 000 personnes pendant six mois. Plus de 80 % de l’État de La Guaira est en état de crise. En attendant, les survivants dorment sur des parkings ou sous des tentes de fortune, refusant souvent d’aller dans les refuges officiels. Une jeune médecin devenue volontaire résume le sentiment général : sur le plan émotionnel, elle est démolie de voir tant de vies perdues, mais elle essaie d’aider.
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