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La Fraternité traditionaliste prête à défier Rome pour la deuxième fois en quarante ans

Près de 40 ans après les sacres de 1988, la Fraternité Saint-Pie X consacre quatre évêques sans l’accord du pape. Un geste qui fait à nouveau planer la…

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La Fraternité traditionaliste prête à défier Rome pour la deuxième fois en quarante ans

Près de 40 ans après les sacres de 1988, la Fraternité Saint-Pie X consacre quatre évêques sans l’accord du pape. Un geste qui fait à nouveau planer la menace d’un schisme au sein de l’Église catholique.

La Fraternité Saint-Pie X reste inflexible. Malgré un dernier appel du pape Léon XIV, cette communauté catholique traditionaliste s’apprête à ordonner quatre nouveaux évêques mercredi dans son fief d’Ecône, en Suisse. La cérémonie se tiendra en plein air, avec une messe en latin de quatre heures, devant environ 15 000 fidèles. C’est exactement au même endroit que son fondateur, Marcel Lefebvre, avait consacré quatre évêques en 1988, un acte qui avait déjà provoqué une rupture avec le Vatican.

Pour la Fraternité, il ne s’agit pas d’une rébellion. Un de ses responsables, l’abbé Michel Rion, explique que cette décision est motivée par l’amour de l’Église, même si les autorités du Vatican ne le comprennent pas. Il insiste sur le fait que la communauté n’est ni schismatique ni hostile à l’Église. La Fraternité rejette les réformes issues du Concile Vatican II et défend une interprétation stricte de la tradition, notamment la messe en latin où le prêtre officie dos aux fidèles.

De son côté, le Vatican considère cet acte comme une insubordination directe. Consacrer un évêque sans l’accord du pape entraîne une excommunication automatique pour les évêques consacrés et consacrants. Dans une lettre, le pape Léon XIV a demandé à la Fraternité de renoncer à son projet pour préserver le bien-être spirituel des fidèles. Il a prévenu que si l’acte est jugé schismatique, les sacrements comme le mariage ou la confession administrés par ces évêques ne seraient plus reconnus par l’Église catholique.

La Fraternité justifie sa décision par une nécessité pratique. Elle ne compte aujourd’hui que deux évêques en activité pour encadrer ses 751 prêtres, 264 séminaristes et près de 800 lieux de culte répartis dans 77 pays. Malgré son influence dans les milieux conservateurs, elle reste minoritaire face aux 1,3 milliard de catholiques dans le monde. Le précédent de 1988 avait conduit à une excommunication levée en 2009 par Benoît XVI. Depuis, des gestes d’apaisement ont eu lieu, comme la célébration de la messe en latin par le pape Léon XIV lui-même en octobre dernier. Mais cette fois, le fossé semble se creuser à nouveau.

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