Monde
Le Paraguay dénonce l’accord Mercosur-UE, un « goût amer » pour les petits
Le président paraguayen Santiago Peña a claqué la porte de l’autosatisfaction en ouvrant le sommet du Mercosur. Il exige que l’accord avec l’Europe…


Le président paraguayen Santiago Peña a claqué la porte de l’autosatisfaction en ouvrant le sommet du Mercosur. Il exige que l’accord avec l’Europe profite à tous, pas seulement aux plus riches du bloc.
Le ton était tranchant, mardi, dans la banlieue d’Asunción. Santiago Peña a pris la parole le premier pour dénoncer ce qu’il appelle les « asymétries » de l’accord de libre-échange signé en janvier avec l’Union européenne. Selon lui, le terrain de jeu n’est pas égal entre les pays du Mercosur. « Nous n’avons ni le même marché, ni les mêmes industries, ni la même logistique », a-t-il lancé. Il s’interroge : à quoi bon négocier avec l’Europe si cela ne sert qu’à renforcer les pays déjà développés du bloc ? Le président paraguayen veut des « résultats concrets » pour corriger ces déséquilibres. « Un Mercosur sans justice, c’est tout sauf un bloc fraternel », a-t-il insisté, avant d’ajouter une formule qui a fait mouche : « Voulons-nous un Mercosur où le plus fort piétine le plus faible ? »
Le sommet a aussi été marqué par une minute de silence pour le Venezuela, frappé par un séisme qui a fait au moins 1 700 morts. Luiz Inácio Lula da Silva, le président brésilien, a appelé à la solidarité régionale. « Des tragédies comme celle-ci nous invitent à réfléchir à l’importance de la coopération », a-t-il déclaré. Yamandú Orsi, président de l’Uruguay, a annoncé que les services de gestion des risques des pays membres se coordonnaient pour venir en aide au Venezuela, sans donner plus de détails. Côté absences, l’Argentin Javier Milei a annulé sa participation au dernier moment, pris dans une tempête politique après la démission de son chef de cabinet des ministres, accusé d’enrichissement illicite.
Enfin, le Mercosur a réaffirmé son soutien sans faille au gouvernement bolivien de Rodrigo Paz, confronté à des semaines de blocages routiers et à des tentatives de déstabilisation. Santiago Peña a exprimé son « ferme rejet » de toute manœuvre contre ce pouvoir « légitimement élu ». Le président bolivien a reconnu traverser « des moments complexes » et a remercié ses homologues pour leur solidarité. Les chefs d’État doivent encore approuver le lancement de négociations pour un accord de libre-échange avec le Japon et régler des détails techniques issus de l’accord avec l’UE, entré en vigueur en mai. Mais la question des inégalités reste au centre des débats.
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