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L’Europe force Microsoft à sortir le grand livre des comptes

Pour la première fois, le géant américain détaille ce qu’il gagne et ce qu’il paie dans chaque pays de l’UE.

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L'Europe force Microsoft à sortir le grand livre des comptes

Pour la première fois, le géant américain détaille ce qu’il gagne et ce qu’il paie dans chaque pays de l’UE.

Jusqu’ici, impossible de savoir combien Microsoft gagnait vraiment en France, en Irlande ou en Allemagne. Les comptes étaient noyés dans des bilans mondiaux. Mais une directive européenne de 2021 a changé la donne. Depuis juillet 2024, les multinationales réalisant plus de 750 millions d’euros de chiffre d’affaires doivent publier pays par pays leurs revenus, leurs profits et leurs impôts. Microsoft s’exécute pour la première fois.

Le groupe révèle ainsi avoir versé 6,3 milliards de dollars d’impôts sur les sociétés dans l’ensemble de l’Union européenne entre juillet 2024 et juin 2025. Mais les chiffres cachent des réalités très différentes selon les pays. En France, la période de douze mois fait apparaître un remboursement fiscal. Microsoft explique avoir trop payé les années précédentes. Sur les trois dernières années, l’entreprise a tout de même versé 374 millions de dollars d’impôts dans l’Hexagone, soit environ 327 millions d’euros.

Les revenus, eux, sont plus difficiles à interpréter. Le groupe prévient que ses données ne suivent pas les mêmes règles comptables que ses résultats financiers officiels. Par exemple, Microsoft indique avoir généré seulement 196 millions de dollars de revenus en Irlande, un pays où l’impôt sur les sociétés est très bas et où beaucoup de géants de la tech ont installé leur siège européen. Un chiffre étonnamment faible quand on sait que ses revenus mondiaux pour l’exercice 2024-2025 atteignaient 281 milliards de dollars.

L’organisation industrielle américaine National Foreign Trade Council met en garde contre les conclusions trop rapides. Selon elle, ces déclarations peuvent compter deux fois les ventes entre filiales d’un même groupe. Ces transactions internes, fréquentes dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, gonflent artificiellement les revenus affichés. La transparence imposée par l’Europe est une avancée, mais elle ne livre pas encore une image parfaitement claire. Les données concernent aussi des pays considérés comme non coopératifs sur le plan fiscal, comme le Panama ou la Russie.

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