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Les prisons françaises n’ont jamais été aussi pleines
Le nombre de détenus atteint un nouveau sommet avec 88 829 personnes incarcérées au 1er juin. Une situation qui aggrave les conditions de détention et…


Le nombre de détenus atteint un nouveau sommet avec 88 829 personnes incarcérées au 1er juin. Une situation qui aggrave les conditions de détention et fait monter la pression sur un système pénitentiaire déjà à bout.
C’est un nouveau cap franchi. Au 1er juin, les prisons françaises comptaient 88 829 détenus, soit une hausse de plus de 5% en un an. Cela représente près de 4 400 prisonniers supplémentaires. Pendant ce temps, le nombre de places opérationnelles n’a que très peu augmenté: 63 237, à peine 1% de plus qu’en 2025. Résultat, les matelas posés à même le sol faute de lits sont désormais 7 608, un bond de plus de 32% sur un an.
La densité carcérale atteint des niveaux critiques. Dans les maisons d’arrêt, ces établissements qui accueillent les personnes condamnées à de courtes peines ou en attente de jugement, le taux d’occupation frôle les 173%. Des cellules prévues pour une seule personne en hébergent parfois deux, voire trois. Globalement, la surpopulation dépasse les 140%. Les surveillants et directeurs de prison tirent la sonnette d’alarme depuis des mois. Flavie Rault, secrétaire générale du syndicat national des directeurs pénitentiaires, résume le problème en une phrase: la surpopulation empêche le personnel de faire correctement son travail. Ni la sécurité au quotidien ni la réinsertion des détenus ne peuvent être assurées dans ces conditions.
Les critiques internationales se multiplient. Fin mai, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, a parlé d’une véritable catastrophe pénitentiaire. Le Conseil de l’Europe avait déjà dénoncé en janvier le risque que les prisons françaises se transforment en entrepôts humains. Et fin mai, c’est un comité de l’ONU qui a alerté sur une situation grave, estimant que la surpopulation portait atteinte aux droits fondamentaux des détenus et pourrait relever d’un traitement inhumain ou dégradant.
Face à ces constats, le garde des Sceaux Gérald Darmanin refuse toute mesure de régulation carcérale, comme celle qui existe en Allemagne, où une entrée en prison doit être compensée par une sortie quand un seuil est dépassé. Le ministère mise sur la construction de places supplémentaires. Il promet 3 000 places dans des prisons modulaires, dont la moitié pour 2027. Mais le précédent plan national lancé en 2018, qui prévoyait 15 000 places nouvelles, est loin du compte: moins d’un tiers a été livré. Le compte n’y est pas.
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