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Au Japon, abîmer le drapeau national pourrait valoir deux ans de prison

La Chambre basse du Parlement japonais a adopté un texte controversé qui punit la profanation du symbole national. Mais le vote final reste très incertain…

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Au Japon, abîmer le drapeau national pourrait valoir deux ans de prison

La Chambre basse du Parlement japonais a adopté un texte controversé qui punit la profanation du symbole national. Mais le vote final reste très incertain face à une opposition déterminée à défendre la liberté d’expression.

Le projet de loi, porté par la Première ministre conservatrice Sanae Takaichi, prévoit une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et une amende de 200 000 yens, soit environ 1 081 euros. Serait concernée toute personne qui endommage, retire ou abîme le drapeau en public d’une manière susceptible de provoquer un malaise ou un dégoût important chez autrui. Le gouvernement justifie cette mesure par la nécessité de protéger un emblème national.

Le texte a été adopté mardi à la Chambre basse, où le Parti libéral-démocrate de Takaichi est majoritaire. Mais son avenir est très incertain à la Chambre haute, où la coalition au pouvoir est minoritaire. Plusieurs partis d’opposition estiment que cette loi viole le droit constitutionnel à la liberté d’expression. Certains députés, comme Takeshi Iwaya, ancien ministre des Affaires étrangères et de la Défense, ont choisi de ne pas voter. Iwaya a déclaré que le respect du drapeau doit être encouragé naturellement et non imposé par des sanctions pénales.

Les critiques viennent aussi de la société civile. La romancière Mieko Kawakami, traduite dans le monde entier, a dénoncé le texte sur X. Pour elle, chercher à imposer le respect de l’État par des mesures punitives n’est pas de l’amour pour le pays mais une manière d’imposer l’obéissance. L’Alliance centriste pour la réforme, un parti d’opposition avec 48 sièges à la Chambre basse, a également remis en cause le fondement juridique de cette criminalisation et réclamé des discussions plus approfondies. Le débat est donc loin d’être clos.

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