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Le pape lance un ultimatum aux traditionalistes avant une ordination interdite

Léon XIV supplie la Fraternité Saint-Pie X de renoncer à la consécration de quatre nouveaux évêques, un geste qui précipiterait un schisme. Derrière cet…

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Le pape lance un ultimatum aux traditionalistes avant une ordination interdite

Léon XIV supplie la Fraternité Saint-Pie X de renoncer à la consécration de quatre nouveaux évêques, un geste qui précipiterait un schisme. Derrière cet appel, c’est toute une frange catholique conservatrice qui vacille face à Rome.

La date est fixée au 1er juillet. Sans l’accord du Vatican, la Fraternité Saint-Pie X prévoit d’ordonner quatre nouveaux évêques dans son fief d’Écône, en Suisse. Pour le Saint-Siège, c’est une ligne rouge. Dans une lettre rendue publique mardi et datée du 29 juin, le pape Léon XIV écrit : « Je vous supplie du fond du cœur : revenez sur votre décision ! » Il parle d’un risque de « déchirer la tunique sans couture du Christ », un péché d’une « extrême gravité ». Car sans retour en arrière, les évêques ordonnés seraient automatiquement excommuniés. Et leurs sacrements, comme le mariage ou la confession, ne seraient plus reconnus par l’Église catholique.

Cette communauté traditionaliste a été fondée en 1970 par l’évêque français Marcel Lefebvre. Depuis, elle rejette en bloc les réformes du Concile Vatican II, ce grand tournant des années 1960 qui a modernisé la messe, ouvert le dialogue avec d’autres religions et changé le visage de l’institution. Ses fidèles, estimés à 600 000 dans le monde, restent attachés au rite tridentin : la messe en latin, le prêtre dos à l’assemblée, une liturgie figée. Pour eux, ordonner leurs propres évêques sans l’aval de Rome est un acte de survie. Pour le pape, c’est une insubordination pure et simple.

Ce n’est pas la première fois que la Fraternité marche sur le fil. En 1988 déjà, Jean-Paul II avait lancé un appel similaire pour empêcher des ordinations. En vain. Les évêques de l’époque avaient été excommuniés, avant que la sanction soit levée en 2009. Aujourd’hui, le scénario se répète, mais avec des enjeux peut-être plus lourds. Léon XIV insiste sur le « bien-être spirituel des fidèles ». Il prie pour que les consciences s’éveillent. Mais le geste est posé. La décision finale, elle, appartient à Écône.

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