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Indonésie, les déplacés de Florès lancent un appel pressant à leur gouvernement

Près de 13 000 personnes passent leurs nuits dehors après le tremblement de terre de samedi. Alors que le pays fête son indépendance, les sinistrés…

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Indonésie, les déplacés de Florès lancent un appel pressant à leur gouvernement

Près de 13 000 personnes passent leurs nuits dehors après le tremblement de terre de samedi. Alors que le pays fête son indépendance, les sinistrés demandent qu’on les aide vraiment.

Junaidin a 32 ans. Devant lui, une tente montée à la main avec des bâches et des piquets. À l’intérieur, une trentaine de personnes déplacées de Mbay, une petite localité du district de Nagekeo, tout près de l’épicentre. « Nous sommes livrés à nous-mêmes ici », souffle-t-il. Comme lui, des milliers d’habitants de Florès ont passé leur deuxième nuit dehors. Les répliques sismiques se multiplient, et personne n’ose rentrer chez soi.

Le séisme de samedi matin a été violent. Sa magnitude a atteint 7,7. Le bilan provisoire fait état de plus de cinquante morts, d’une centaine de blessés et de plus de 900 bâtiments endommagés. En vingt-quatre heures, le nombre de personnes sans logement a doublé pour dépasser 12 800. Beaucoup de maisons se sont effondrées ou sont couvertes de fissures. L’île garde en mémoire le tsunami de 1992, qui avait tué environ 2 500 personnes. Cette peur reste vivace.

Junaidin ne retourne dans sa maison que pour chercher de l’eau, des vêtements, des oreillers. Le reste du temps, il reste sous son abri. « Nos maisons ne sont plus habitables, explique-t-il. Beaucoup se sont effondrées et sont pleines de fissures, nous ne pouvons plus y entrer. » L’aide promise, il ne l’a pas vue. « Pas de tentes, pas de médicaments, pas de nourriture, pas d’eau potable, rien », énumère-t-il. Puis l’appel part, direct. « Gouvernement, ouvre les yeux. Nous sommes votre peuple, nous faisons partie de vous. Prenez soin de nous. »

Siti Saudah Daso, 31 ans, mère de trois enfants, ne mâche pas ses mots. « Nous avons fui sans rien, juste les vêtements que nous portions sur le dos. Ils ont dit qu’ils nous donneraient quelque chose, mais nous n’en avons aucune preuve. Nous sommes en colère et déçus », lance-t-elle. Pendant que Jakarta célèbre l’indépendance en grande pompe, les sinistrés de Florès attendent une aide qui se fait attendre.

L’armée de l’air indonésienne affrète deux avions Hercules et un Boeing pour apporter 13 tonnes d’aide d’urgence. Des hélicoptères doivent ensuite livrer des vivres, de l’eau potable, des vêtements et du matériel médical aux villages isolés. Mais les rescapés veulent des gestes concrets, et vite. Les recherches se poursuivent par voie terrestre et aérienne. Aucun disparu n’est signalé, mais les équipes passent la zone au peigne fin par précaution.

Le tremblement de terre a aussi touché des écoles, des centres de santé et des bâtiments administratifs. Plus de 8 000 enfants voient leur sécurité menacée et leur rentrée perturbée, selon l’organisation Save the Children. L’Indonésie est l’un des pays les plus exposés aux secousses telluriques. Située sur la ceinture de feu du Pacifique, elle subit régulièrement des séismes. En 2004, un mégaséisme de magnitude 9,1 avait déclenché un tsunami qui avait fait plus de 170 000 morts en Indonésie et environ 50 000 dans les pays voisins.

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