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À Uckange, des plantes géantes nettoient les sols laissés par la sidérurgie

Sur les ruines des hauts fourneaux mosellans, une expérience menée depuis 2022 utilise des végétaux pour absorber les polluants industriels. Une…

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À Uckange, des plantes géantes nettoient les sols laissés par la sidérurgie

Sur les ruines des hauts fourneaux mosellans, une expérience menée depuis 2022 utilise des végétaux pour absorber les polluants industriels. Une alternative naturelle et moins coûteuse que les méthodes chimiques classiques.*

Dans la vallée de la Fensch, les vieilles installations d’Uckange n’ont pas fini de rendre service. Entre les structures métalliques rouillées, des parcelles de verdure surgissent, plantées là pour soigner la terre. Sonia Henry, chercheuse à l’Université de Lorraine, y sème une herbe haute comme un mur, le Miscanthus x Giganteus. Surnommée « herbe à éléphant », cette graminée ne se contente pas de pousser. Elle vient au secours des micro-organismes qui vivent autour de ses racines en les stimulant. Ces derniers immobilisent les métaux, modifient leur forme chimique et aident à dégrader les hydrocarbures enfouis dans le sol.

Ce jardin pas comme les autres sert de laboratoire grandeur nature pour tester la phytoremédiation. Cette technique repose sur les capacités naturelles des plantes à capter, transformer ou stabiliser les polluants. Elle évite de creuser des tonnes de terre contaminée ou d’employer des produits chimiques agressifs. Depuis 2022, l’agglomération du Val de Fensch pilote ce projet avec l’Université de Lorraine et l’INRAE, et la particularité du site tient au mélange des espèces. À côté du miscanthus, une autre plante, dont le nom reste secret, s’attaque spécifiquement au zinc et à d’autres métaux. Elle aspire ces éléments dans ses tiges et ses feuilles, puis elle sera récoltée pour en extraire les métaux et les recycler. Chaque espèce a son rôle, et l’objectif est de trouver les meilleures combinaisons pour traiter plusieurs types de pollution en même temps.

Sur la parcelle, les polluants sont variés. On trouve des substances organiques comme les hydrocarbures, mais aussi des métaux tels que le nickel, le chrome, le zinc ou le cuivre, répartis de façon inégale. Ces mélanges compliquent souvent le travail des techniques classiques, alors que des plantes bien choisies peuvent tout gérer d’un coup. Les premiers retours sont encourageants. Après un an d’expérience, les chercheurs constatent des effets positifs sur la dépollution. Mais il faut rester prudent. Le temps nécessaire pour nettoyer complètement le sol dépend de la quantité de polluants, de leur variété et surtout de leur capacité à entrer en contact avec les racines. Certains polluants restent piégés dans les particules du sol et ne réagissent pas, ce qui ralentit le processus.

L’enjeu dépasse largement le site d’Uckange. Si l’expérience confirme les résultats obtenus en laboratoire, le procédé pourra être modélisé et reproduit ailleurs. L’idée, à terme, est de proposer une méthode durable et réutilisable pour les friches industrielles. Pour l’heure, les chercheurs prennent le temps d’observer et de mesurer. Et pendant que les arbres poussent, les vieux hauts fourneaux, eux, n’ont plus qu’à regarder la nature reprendre ses droits.

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