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Des drones frappent le bureau du Premier ministre kurde, l’Irak demande des comptes

Dans la nuit de lundi, des drones ont visé le bureau du dirigeant kurde près d’Erbil. Bagdad promet une enquête et Téhéran rejette les accusations.

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Des drones frappent le bureau du Premier ministre kurde, l'Irak demande des comptes

Dans la nuit de lundi, des drones ont visé le bureau du dirigeant kurde près d’Erbil. Bagdad promet une enquête et Téhéran rejette les accusations.

Lundi, l’Irak a annoncé l’ouverture d’une enquête après une attaque de drones survenue dans la province d’Erbil. Les appareils ont visé le bureau du Premier ministre du Kurdistan autonome, Massoud Barzani, ainsi que la résidence du chef de l’agence de sécurité et de renseignement kurde. L’incident n’a fait aucun blessé. Selon les services antiterroristes kurdes, deux drones chargés d’explosifs de type Hadid 110 ont frappé peu après minuit, et ils auraient décollé depuis la frontière iranienne. Dans un message publié en ligne, Massoud Barzani a accusé l’Iran d’être derrière ces tirs, évoquant une « escalade dangereuse » et des actes « irresponsables et inacceptables ».

Ali al-Zaïdi, le chef du gouvernement irakien, a ordonné la création d’une commission chargée de déterminer qui a envoyé ces engins et d’où ils venaient. Son cabinet n’a cité aucun suspect. Téhéran se défend de toute implication. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a dénoncé une attaque injustifiable contre un ami kurde, tout en appelant à la vigilance face aux « opérations sous faux drapeau » destinées à diviser les voisins. L’Iran assure ne disposer d’aucune information indiquant que les drones sont partis de son territoire. Les deux ministres des Affaires étrangères se sont entretenus par téléphone mardi pour discuter des développements régionaux et de la sécurité frontalière.

Cet accrochage ne tombe pas du ciel. Depuis le début de la guerre au Proche-Orient, qui oppose notamment les États-Unis et Israël à l’Iran, le Kurdistan irakien se retrouve souvent dans la ligne de mire. La région abrite des soldats américains, des compagnies pétrolières étrangères et des groupes kurdes iraniens en exil, tous qualifiés de terroristes par Téhéran. Les attaques imputées à l’Iran ou à des factions irakiennes pro-iraniennes s’y sont multipliées. Dans la même région, une explosion dans un dépôt de produits pétroliers a fait 18 blessés, d’après les autorités sanitaires locales.

Washington a réagi fermement. L’envoyé spécial de Donald Trump à Bagdad, Tom Barrack, a dénoncé une « menace directe pour la stabilité régionale » et promis le soutien des États-Unis au rétablissement de la souveraineté irakienne. Reste un autre dossier brûlant. Bagdad doit faire désarmer les groupes armés pro-iraniens d’ici le 30 septembre, sous la pression américaine. Cette date correspond à la fin de la mission de la coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington. Ces factions, apparues après l’invasion de l’Irak en 2003, ont pris du poids politique et financier. Certaines se disent prêtes à coopérer, d’autres refusent de rendre les armes tant que des forces étrangères resteront dans le nord de l’Irak.

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